Santé des enfants

Quand les petits refusent de manger : comprendre et agir sans stress

Par Maxime
5 minutes

Les refus alimentaires chez l’enfant : un casse-tête courant pour les familles


Votre enfant repousse son assiette, boude les légumes, rechigne dès que le repas est servi ? Le refus de manger touche chaque famille à une période ou une autre. Il inquiète, agace, fait douter les parents. Mais avant d’imaginer des solutions miraculeuses, il faut comprendre pourquoi, en grandissant, les tout-petits deviennent parfois si sélectifs ou réfractaires à table. Le point sur les vraies raisons… et sur ce qui aide vraiment au quotidien, sans pression ni drame valable !


Pourquoi les petits refusent (parfois) de manger ?


  • Un appétit capricieux, c’est normal : L’appétit de l’enfant varie selon son âge, son niveau d’activité, les poussées de croissance, mais aussi son état de fatigue ou d’émotions.
  • « Non » à la nouveauté : Vers 18-24 mois, les enfants entrent dans une période appelée néophobie alimentaire : tout aliment nouveau, ou simplement présenté différemment, peut être catégoriquement refusé… Ce pic dure de quelques mois à 2-3 ans.
  • Un moyen de s’affirmer : Dire non à la nourriture, c’est parfois juste dire « je décide ». Expérimenter son autonomie passe aussi par l’alimentation.
  • Sensibiltés sensorielles : Certains enfants ont du mal avec des textures, des odeurs, des couleurs… Un repas trop chaud, une purée trop granuleuse, une odeur trop marquée peuvent suffire à bloquer une bouchée.
  • Fatigue, stress, ambiance du repas : Un enfant fatigué ou qui sent une tension à table aura du mal à s’alimenter sereinement.

Faut-il s’inquiéter d’un petit mangeur ?


Tant que votre enfant grandit bien, déborde d’énergie, a des moments de bonne humeur et dort correctement, son comportement à table n’est pas alertant. Un enfant peut manger peu à un repas, mieux au suivant. Les apports se régulent souvent sur plusieurs jours. Seuls certains signes justifient une consultation : perte de poids, amaigrissement soudain, refus total de s’alimenter ou épisodes de vomissements fréquents.


Ce qui ne fonctionne pas (ou empire la situation)


  • La bataille de volonté : Forcer un enfant, le menacer (« tu ne sortiras pas tant que tout n’est pas fini ! »), ou supplier/surmotiver (« allez, une bouchée pour papa ! »), crée des tensions. L’enfant associe le repas à un moment désagréable.
  • Le chantage et les récompenses : « Si tu manges tes légumes, tu auras du dessert ! », revient à donner encore plus de valeur au dessert et à diaboliser l’aliment repoussé.
  • Les distractions systématiques : Télé, jeux, chansons… Si ça fonctionne parfois ponctuellement, cela empêche l’enfant de sentir ses propres sensations de faim et de satiété.
  • Les portions d’adulte : Vouloir que l’enfant mange « comme les grands » est irréaliste : un petit a un estomac très limité.

Les bases pour instaurer une ambiance sereine à table


  1. Un cercle régulier : Des horaires de repas fixes, si possible, pour habituer le corps à la faim naturelle.
  2. Un cadre rassurant : Le même endroit, un temps calme, sans écrans, ni dispute d’adultes.
  3. Des repas conviviaux : On mange ensemble, autant que possible. L’enfant touche, teste, observe. Les repas sont aussi l’occasion de socialisation, pas seulement de nutrition !
  4. Des petites portions : Mieux vaut resservir si l’enfant a encore faim ! Le visuel importe : des mini-portions ne lui donnent pas l’impression d’être sous pression.
  5. Une autonomie encouragée : Laisser l’enfant manipuler, choisir entre deux assiettes, piquer avec sa fourchette… et même manger avec les doigts pour tester.

Diversifier sans stresser : comment présenter les aliments ?


  • Introduire sans insister : Jusqu’à 15 fois de présentation peuvent être nécessaires pour qu’un enfant daigne goûter un nouvel aliment.
  • Mixer textures et présentations : Certains préfèrent croquer, d’autres le mouliné ; essayez bâtonnets, purées, gratins, muffin-légumes, mini-brochettes pour varier.
  • Ne pas diaboliser : « Tu n’aimes pas aujourd’hui ? On retentera une autre fois ! » Evitez le « Tu ne manges jamais de... », qui fige l’enfant dans un refus durable.
  • Faire participer l’enfant : Le solliciter pour mélanger une pâte, dresser son assiette ou choisir un légume au marché : la curiosité s’éveille loin de la table !

Quand l’enfant refuse… que faire concrètement ?


  • Reconnaître la satiété : Un enfant ne se laisse pas mourir de faim (hors pathologie). Acceptez qu’il ne termine pas. On ne force jamais à finir son assiette.
  • Rappeler le cadre : « On goûte, on discute, et si tu n’as plus faim, ton repas s’arrête là – le prochain sera au goûter/dîner. »
  • Rendre visible la progression : Réjouissez-vous pour un aliment touché, senti, goûté, sans focaliser sur la quantité avalée.
  • Gardez le cap : Ne pas supprimer le prochain repas ni gaver ensuite. Laisser le système de faim-régulation faire son œuvre.

Questions fréquentes des parents sur l’alimentation sélective


  • « Mon enfant ne mange que des pâtes/riz – dois-je m’inquiéter ? »
    Tant que cela ne dure pas des semaines et qu’il goûte, même un peu, d’autres aliments: pas de panique. La monotonie passe souvent d’elle-même.
  • « Il refuse tous les légumes » :
    Variez les formes, servez-les en soupe, en gratin, ajoutez-les en purée dans la pâte à crêpes, proposez une crudité à tremper dans une sauce. Parfois, c’est la cuisson ou l’assaisonnement qui fait la différence !
  • « Il saute un repas, le soir » :
    Quelques soirs sans appétit ne sont pas inquiétants, surtout si le goûter était consistant. Veillez à ce que les collations ne deviennent pas le repas principal…
  • « Mon enfant pèse peu » :
    Si la courbe de croissance sur le carnet de santé progresse régulièrement et que son médecin ne s’inquiète pas, l’inquiétude n’est pas utile.

Trucs et routines pour redonner confiance… et appétit


  1. Faites du repas un rituel : Chansonnette, histoire d’avant-repas, mise de table participative… le côté ludique détend l’atmosphère.
  2. Offrez toujours une « valeur sûre » dans l’assiette : Par exemple, féculent apprécié ou fruit en dessert, pour ne jamais placer l’enfant devant un repas 100% inconnu.
  3. Laissez un temps limité à table : Pas de repas qui s’éternise : 20-30 minutes puis on retire l’assiette sans commentaire.
  4. Désignez un repas joker par semaine : L’enfant choisit : crêpes, dînette… Pour restaurer le plaisir d’anticiper le moment du repas.
  5. Invitez un camarade : Les enfants mangent parfois mieux avec des pairs !

Quand consulter ?


Ces stratégies du quotidien ne suffisent pas ou votre enfant :

  • refuse tous aliments solides plusieurs jours,
  • perd du poids,
  • présente une forte anxiété ou des conflits majeurs autour des repas.
Dans ces cas, n’hésitez pas à faire le point avec un médecin ou une diététicienne pédiatrique. Parfois, un trouble sensoriel ou une pathologie sous-jacente doivent être explorés.


En résumé : réguler sans paniquer, tabler sur la durée


Les refus alimentaires sont normaux et fréquents chez les petits. Ce n’est pas le reflet d’un échec parental, mais d’une étape de développement. Plutôt qu’une lutte, instaurer des routines rassurantes, proposer sans forcer, et accepter les petits appétits permet de dédramatiser la question. L’objectif : favoriser l’autonomie, la curiosité et le plaisir de manger… à son rythme ! N’oubliez pas que les goûts évoluent et que la patience paie souvent mieux que la contrainte. Bon appétit – même en mode « mini bouche » !


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