Santé des enfants

Les signes de carence à surveiller chez les enfants

Par Maxime
5 minutes

Comprendre les carences chez les enfants : quand s’inquiéter ?

Les carences nutritionnelles chez les enfants sont plus fréquentes qu’on ne le pense. Parfois discrètes, parfois bruyantes, elles peuvent perturber la croissance, l’apprentissage ou l’énergie de votre enfant. Savoir repérer les bons signaux permet d’agir à temps et d’éviter des conséquences au long cours. Voici l’essentiel sur les signes d’alerte et les solutions concrètes.

Pourquoi les carences touchent-elles les enfants ?

La croissance rapide, les phases d’apprentissage intense, une alimentation peu variée ou certaines maladies rendent les enfants plus sensibles aux manques d’apports essentiels. Si beaucoup de familles pensent que « manger de tout » suffit, la vie quotidienne (petit appétit, sélectivité alimentaire, habitudes rapides…) expose parfois à des déficits.

Carence ou simple « période difficile » ?

Tous les enfants connaissent des phases où ils n’aiment plus une catégorie d’aliments ou boudent certains repas. Tant que le poids et la croissance restent corrects, sans diminution de tonus, il ne s’agit pas forcément de carence vraie. Méfiance si les changements durent ou s’accompagnent d’autres symptômes.

Quels sont les principaux signes à surveiller ?

  • Fatigue ou irritabilité inhabituelle : un enfant souvent fatigué, apathique ou qui pleure facilement peut manquer de fer, de magnésium, ou d’autres éléments essentiels.
  • Pâleur persistante : un visage, des lèvres ou des gencives pâles peuvent signaler une insuffisance en fer ou, plus rarement, en vitamines du groupe B.
  • Perte ou cassure de la courbe de taille/poids : tout ralentissement durable de la croissance mérite une vérification alimentaire.
  • Ongles cassants, cheveux ternes ou chute de cheveux : ce sont parfois les premiers signaux d’alerte d’une carence en oligo-éléments (fer, zinc, vitamines).
  • Peau sèche, eczéma ou retard de cicatrisation : le manque de certains acides gras, de vitamines A ou C peut jouer un rôle.
  • Troubles de la concentration ou performances scolaires en baisse : certains déficits chroniques, même légers, influent sur l’attention.
  • Crampes, fourmillements, douleurs musculaires : souvent en lien avec le magnésium ou le calcium.
  • Tendance aux infections répétées : rhumes, angines, aphtes, ou otites fréquentes peuvent signaler un besoin renforcé de vitamines (surtout D, C et A, zinc).

Zoom sur les carences les plus fréquentes


Fer : l’ennemi silencieux de la croissance

C’est la carence la plus courante chez les jeunes enfants et les ados (surtout les filles). Le manque de fer cause pâleur, fatigue, baisse de l’appétit et parfois troubles de l’attention.

  • Aliments riches à privilégier : Viandes rouges, légumineuses (lentilles), œufs, légumes verts, poissons.
  • Attention : la vitamine C (agrumes, kiwi, poivron) aide à mieux absorber le fer d’origine végétale.
  • Surveillez surtout en cas de refus de viande ou d’alimentation végétarienne mal équilibrée.

Vitamine D : nécessaire à tous, peu dans l’alimentation

Indispensable à la croissance osseuse, elle se fabrique grâce au soleil mais l’alimentation n’en apporte que très peu (hormis huile de foie de morue, certains poissons gras…). Beaucoup d’enfants en manquent, surtout en hiver.

  • Signes à surveiller : douleurs ou fatigue musculaire, irritabilité, troubles de la marche, infections répétées, retard de pousse dentaire.
  • La supplémentation saisonnière est souvent préconisée par les professionnels de santé.

Le calcium : fondamental pour les os

Un manque de calcium freine la croissance ou fragilise les dents.

  • Symptômes d’alerte : crampes, douleurs osseuses persistantes, retard d’éruption dentaire.
  • Sources à favoriser : produits laitiers, légumes verts, amandes, petites sardines (mangées avec les arêtes), certaines eaux minérales.
  • Pensez à la vitamine D pour mieux fixer le calcium !

Autres micronutriments importants

  • Magnésium : fatigue, nervosité, crampes, troubles du sommeil (cacao, eaux riches en magnésium, céréales complètes, noix)
  • Vitamine C : fragilité aux infections, cicatrisation lente, aphtes (fruits frais, légumes crus ou peu cuits)
  • Vitamines du groupe B : pâleur, troubles de l’humeur, langue lisse (céréales, viande, poissons, œufs, graines)
  • Zinc : problèmes de peau, infections à répétition (viandes, coquillages, œufs, germes de blé)

Évitez les erreurs classiques de surveillance

  • Se fier uniquement à la prise de poids : un enfant peut grossir sans avoir tout ce dont il a besoin.
  • Penser qu’une alimentation « suffisamment calorique » suffit à éviter les manques.
  • Confondre signes de carence et simple variation scolaire, ou liée à une fatigue passagère.
  • Auto-médicamenter avec compléments alimentaires sans avis médical.
  • Négliger les antécédents familiaux ou les cas particuliers (allergies alimentaires, sport intense, exclusion volontaire de catégories d’aliments, maladies digestives).

Décrypter le quotidien : ce qui doit vous alerter

  • Votre enfant présente plusieurs signes d’alerte qui persistent plus de deux à trois semaines.
  • Vous notez une modification durable de sa croissance ou de son appétit.
  • Il a un mode alimentaire restrictif non suivi par un professionnel (végétarisme strict, éviction du gluten, allergies répétées...).
  • Il a été hospitalisé récemment, ou a eu des traitements prolongés (antibiotiques, corticoïdes).

Que faire en cas de doute ?

  • Commencez par observer et noter les signes dans un petit carnet (fatigue, sommeil, appétit, changements d’humeur, maladies à répétition…).
  • Analysez la diversité alimentaire sur une semaine : notez les groupes d’aliments consommés (protéines, légumes, fruits, produits laitiers, céréales, sources de bonnes graisses).
  • Consultez en cas de doute auprès du médecin ou pédiatre, surtout si les symptômes vous inquiètent ou s’aggravent.
  • Demandez si besoin un bilan sanguin, qui oriente souvent le diagnostic et la prise en charge.

Prévenir les carences au quotidien : conseils concrets

  • Favorisez des repas variés sur la semaine : alterner les sources de protéines, intégrer légumes et fruits variés à chaque repas.
  • Laissez l’enfant participer au choix et à la préparation (découverte de nouveaux aliments, meilleure acceptation).
  • Pour les petits mangeurs, privilégiez les aliments denses en nutriments : un petit steak haché, une poignée d’amandes mixées, un œuf, un carré de fromage fort en calcium.
  • Évitez les boissons sucrées, sodas, snacks pauvres en nutriments qui « prennent la place » d’aliments utiles.
  • Si l’alimentation d’un enfant est très sélective (phase normale chez 2-6 ans), continuez à proposer sans forcer, en créant un environnement serein.
  • Pensez à alterner les cuissons (cru, vapeur, rôti…) pour varier les apports en vitamines.
  • Rappelez l’importance des bilans réguliers avec le professionnel de santé qui suit votre enfant.

Cas particuliers : attention aux enfants « à risque »

  • Bébés nés prématurés, enfants présentant un trouble du spectre autistique, troubles digestifs chroniques (maladie cœliaque, MICI…), régimes alimentaires particuliers (végétariens/véganes), sportifs intensifs : tous ces enfants nécessitent une vigilance renforcée et un suivi personnalisé.

Ce qu’il faut éviter absolument

  • Attendre que les symptômes s’aggravent avant de consulter
  • Multiplier les suppléments vitaminiques sans avis médical
  • Stigmatiser ou mettre la pression pour « manger plus »
  • Négliger le suivi chez l’orthophoniste/psychologue en cas de troubles de l’alimentation graves.

En résumé : soyez attentif, sans anxiété excessive

Si la plupart des enfants en bonne santé et bien suivis ne souffrent pas de véritables carences, il reste utile d’être attentif à certains signes d’alerte. Fatigue persistante, pâleur, cassure de la croissance, changements de comportement ou appétit très limité doivent faire suspecter un déficit, à confirmer avec votre médecin. La meilleure prévention reste l’alimentation variée, la bienveillance à table, et la surveillance dans la durée. Acteur du bien-être de votre enfant, faites rimer observation, adaptation et bon sens !

Nul besoin de paniquer au moindre coup de fatigue : mais posons ensemble de bonnes bases pour que leurs assiettes – et leur santé – restent pleines d’énergie.

Articles à lire aussi
loisirsfamille.fr