Parentalité

Trouver du temps pour soi quand on est parent : mission possible ?

Par Maxime
5 minutes

Le temps pour soi : un défi du quotidien parental

Dès l’arrivée du premier enfant – et encore plus si la famille s’agrandit – beaucoup de parents font, parfois avec humour, le constat suivant : trouver du temps rien que pour soi est devenu une rareté, presque un luxe. Consacrer son énergie à sa famille, à ses enfants, à la gestion du foyer et au travail laisse souvent peu de marge pour souffler, se ressourcer, ou poursuivre ses propres envies. Pourtant, ce temps individuel, loin d’être égoïste, est essentiel à l’équilibre de chacun et, par ricochet, à l’atmosphère familiale. Comment l’attraper sans culpabiliser ? Par où commencer ?


Pourquoi s’offrir des parenthèses pour soi quand on est parent ?

Le mythe du parent "toujours disponible" persiste. Pourtant, vivre au service exclusif des besoins familiaux peut mener à l’épuisement ou à la frustration. S’autoriser des pauses pour soi, c’est préserver sa santé mentale, réinitialiser ses émotions, et revenir vers sa tribu avec plus de patience et d’enthousiasme. C’est aussi un modèle précieux à transmettre aux enfants : ils apprennent ainsi que chaque membre de la famille a le droit d’exister, de souffler, de se consacrer à ce qui lui fait du bien.


Les bénéfices concrets

  • Diminution du stress et meilleure gestion des émotions
  • Prévention du burn-out parental
  • Sentiment d’accomplissement personnel, même à petite dose
  • Meilleure qualité de présence avec enfants et conjoint(e)

Identifier les vrais obstacles (et dépasser la culpabilité)

Il ne s’agit pas que de "manque de temps". Parfois, les blocages sont d’abord psychologiques : peur d’être jugé, idée qu’un "bon parent" doit s’oublier, sentiment que chaque minute pourrait être mieux investie pour l’enfant… S’y ajoutent les emplois du temps surchargés, l’absence de relais (famille, amis) ou même un désaccord dans le couple sur la répartition du temps personnel.

  • Distinguer le nécessaire du superflu : Certaines tâches, sources d’épuisement mais non vitales, peuvent être allégées ou mutualisées. Tout ne doit pas reposer sur une même personne !
  • Déculpabiliser : Prendre pour soi n’est pas délaisser sa famille, mais se donner les moyens de mieux en profiter.
  • Communiquer sur ses besoins : Parler ouvertement dans le couple ou avec les enfants de sa nécessité de recharger ses batteries, c’est aussi montrer l’importance du respect mutuel.

Concrètement, comment se dégager du temps pour soi ?

Il n’existe pas de formule magique. Mais une somme de petites stratégies répétées et adaptées à chaque foyer peut faire une vraie différence. Voici des pistes à tester ou combiner selon l’âge des enfants, le contexte professionnel ou familial.


1. Micro-pauses au quotidien

Parfois, il ne s’agit que de quelques précieuses minutes :

  • Lire trois pages d’un roman pendant la sieste ou le bain des enfants
  • Faire une pause-café seul sur le balcon, sans téléphone
  • Faire une courte séance de respiration, d’étirements ou d’écoute musicale
  • Marcher dix minutes (seul !), même autour du pâté de maisons
Ce sont de « mini-recharges » qui, additionnées, soutiennent le moral.


2. Intégrer ses besoins à la vie de famille

  • Mettre en place des routines incluant les parents : Une séance de yoga, de sport ou de création manuelle en famille, où chacun choisit son activité pour trente minutes d’indépendance partagée.
  • Faire participer les enfants : Les inclure à certaines tâches (cuisine, jardinage, bricolage) peut transformer une corvée en moment agréable et dégager du temps personnel par ailleurs.

3. S’appuyer sur son entourage

  • Faire appel à un relais : Famille, coparent, grands-parents ou amis pour prendre ponctuellement le relais, même 30 minutes.
  • Proposer des échanges de services entre voisins ou parents d’élèves : Garder les enfants chacun son tour permet d’offrir des vraies respirations à tous.

4. Négocier des créneaux réguliers avec le couple

  • Instaurer un accord clair : chaque parent accède chaque semaine à 1 ou 2 heures "off" (sport, amis, culture…)
  • Soutenir l’autre dans ses besoins, même s’ils ne ressemblent pas aux siens

5. Oser externaliser ou alléger certaines tâches

  • Commander parfois un repas ou recourir à un service de ménage/linge si possible
  • Accepter que tout ne soit pas "parfait" dans la maison

Des exemples concrets à adapter selon ses contraintes

  • Pour les parents d’enfants en bas âge : Profiter des siestes, favoriser la sieste simultanée, ou échanger des moments de sortie avec un autre parent du quartier.
  • Avec des enfants plus grands : Instaurer des "temps calmes obligatoires" (lecture, activité en autonomie) pour tout le monde, parent compris.
  • Parent solo ou aidant : S’organiser des moments collectifs (atelier, sorties associatives parents-enfants), qui laissent parfois des moments de respiration, ou demander une aide ponctuelle à une structure (centre de loisirs, crèche occasionnelle…)

L’importance de l’automatisation et du lâcher-prise

Une clé méconnue pour grignoter du temps libre : transformer certaines tâches répétitives en automatismes ou les regrouper intelligemment. Exemple : prévoir le menu de la semaine à l’avance, regrouper les courses, déléguer le rangement ou responsabiliser les enfants dès que possible selon leur âge.


Accepter que certaines choses ne soient pas faites ou faites imparfaitement, c’est aussi gagner quelques minutes pour soi. Mieux vaut une pile de linge non pliée qu’un parent sur les rotules.


Cinq astuces pour passer à l’action sans procrastiner

  • Bloquez vos créneaux "perso" dans l’agenda, comme un rendez-vous important.
  • Sélectionnez une activité qui vous ressource vraiment (lecture, méditation, musique, marche, création artistique…)
  • Désactivez les notifications et mettez le téléphone en mode avion durant ces moments
  • N’hésitez pas à verbaliser à la famille ou aux enfants "là, je prends cinq minutes pour moi, je reviens après"
  • Souvenez-vous : même cinq minutes régulièrement ont un impact réel sur votre bien-être

Ce qu’il vaut mieux éviter

  • Attendre « le moment parfait » (qui n’arrive jamais)
  • Se comparer aux autres parents vus sur les réseaux sociaux
  • Se priver de loisirs sous prétexte de productivité permanente
  • Reporter systématiquement à plus tard tout moment pour soi
  • Culpabiliser à l’idée de faire une "pause", alors qu’elle est bénéfique pour la famille entière

Et si on impliquait aussi les enfants dans ce nouveau rituel ?

Donner l’exemple d’un parent qui prend soin de lui, c’est aussi montrer aux enfants qu’il est important de s’écouter, de se préserver pour mieux donner. On peut instaurer un "temps pour chacun", où les membres de la famille choisissent ce qui leur fait du bien, à leur niveau d’âge : lecture seul(e), dessin, balade, ou simple moment de calme.


Ressources et pistes pour aller plus loin

  • Livres : "Maman arrêtée, papa décalé : survivre (aussi) pour soi-même" de Émilie Leturcq ; "La charge mentale des parents, c’est grave docteur ?" de S. Lemoine
  • Sites : loisirsfamille.fr (dossiers pratiques et astuces d’organisation) ; papapositive.fr (ressources bien-être familial)

A retenir : s’autoriser à prendre soin de soi, une force pour toute la famille

Se réserver du temps pour soi n’est ni impossible, ni accessoire : c’est un facteur de bien-être global et un bel acte d’équilibre au sein de la famille. Chacun – parent solo, en couple, famille nombreuse ou non – peut trouver ses micro-rituels efficaces, et les adapter selon les périodes. Osez expérimenter, ajuster, et surtout partager vos astuces avec votre entourage… C’est en prenant du temps pour soi que l’on parvient à offrir le meilleur de soi-même à ceux qu’on aime au quotidien.

Articles à lire aussi
loisirsfamille.fr