Le partage du sommeil avec bébé : pourquoi tant de familles optent pour le cododo ?
Le cododo, ou partage du sommeil avec son enfant, séduit de nombreux parents en France et dans le monde. Que ce soit par conviction, par praticité ou simplement pour répondre aux besoins du bébé (et à la fatigue parentale !), dormir avec son nouveau-né s’est largement démocratisé au fil des dernières années. Mais au-delà des croyances et des modes, quels sont les véritables avantages ? Quels risques existent, et comment s’y prendre pour pratiquer un cododo sécurisé et bénéfique ? Tour d’horizon concret et sans tabou.
Quels bénéfices met-on en avant pour le cododo ?
- Proximité et rassurance : La présence d’un parent facilite l’endormissement du tout-petit, réduit ses pleurs nocturnes et permet au bébé comme au parent de se sentir en sécurité. De nombreuses études ont montré que les enfants cododotant pleurent moins et se réveillent moins longtemps la nuit.
- Allaitement facilité : Pour les mamans qui allaitent, le cododo permet d’allaiter allongée, de répondre plus vite aux signes de faim nocturnes, favorisant une mise au sein plus fréquente sans se lever, et limitant la fatigue.
- Meilleur sommeil du parent : Plus de déplacements d’une chambre à l’autre, moins de réveils prolongés : la nuit est souvent moins morcelée, ce qui aide à récupérer, surtout les premiers mois.
- Renforcement du lien d’attachement : Le contact physique, la chaleur et les interactions nocturnes renforceraient la relation parent-bébé, avec d’éventuels effets positifs sur le développement affectif.
- Observation accrue de bébé : Un parent qui dort près de son bébé remarque plus facilement un souci (toux, fièvre, inconfort, etc.) et peut agir immédiatement si besoin.
Les inconvénients du cododo : points de vigilance à ne pas négliger
- Risque d’accident (mort inattendue du nourrisson) : Le partage du lit parental n’est pas sans danger si certaines règles ne sont pas appliquées : risque d’étouffement (literie, oreillers), de chute ou d’hyperthermie. La grande majorité des instances pédiatriques insistent sur la vigilance et la nécessité d’éviter certaines pratiques.
- Qualité de sommeil impactée pour certains parents : Tous les adultes ne dorment pas mieux avec un tout-petit à proximité. Mouvement du bébé, petits bruits ou peur d’écraser le nourrisson peuvent altérer l’endormissement du parent, ou créer une anxiété.
- Le couple en second plan : La chambre parentale réservée à l’enfant peut faire passer la vie de couple au second plan durant plusieurs mois (voire années), entraînant parfois de la frustration.
- Difficultés potentielles lors de la séparation ou du "déménagement" du bébé vers sa propre chambre : Plus le partage de lit dure longtemps, plus l’enfant peut montrer de la résistance à l’idée de dormir seul, selon certains témoignages.
- Pression sociale ou familiale : Le choix du cododo n’est pas toujours compris dans l’entourage, ce qui peut mettre les parents sous pression ou les isoler dans leur démarche.
Cododo et sécurité : les bonnes pratiques essentielles
S’il y a une règle d’or à retenir : le cododo doit toujours se faire en sécurité. Cela ne s’improvise pas ! Voici les points-clefs à respecter :
- Ne jamais cododoter si : l’un des adultes a consommé de l’alcool, des somnifères, des drogues, ou souffre d’une extrême fatigue.
- Pas de cododo dans un canapé, un fauteuil ou un lit à eau : privilégiez un matelas ferme, propre, bien ajusté.
- Pas d’oreillers, couettes volumineuses, peluches, tours de lit : le bébé doit être couché sur le dos, sur un espace séparé de tout textile mou.
- Préférer le "side bed" ou cododo en berceau attenant : Idéalement, installez un berceau spécial cododo qui s’ouvre sur le lit parental ; chacun a sa place, mais la proximité est maximale. De nombreux modèles existent, adaptés aux normes européennes.
- Attention à la chute : Le lit doit être collé contre un mur, sans espace. Si le bébé dort directement dans le lit parental, prévoir une barrière de sécurité adaptée.
- Ne pas fumer dans la pièce, même bien avant l’heure du coucher : le risque de mort subite du nourrisson est augmenté par l’exposition au tabac.
- Ne jamais partager le lit avec un autre enfant de moins de deux ans, ou des animaux domestiques.
- Température de la chambre : entre 18 et 20°C, jamais trop chaud, pas de bonnet ni de couverture épaisse sur le bébé.
Pour qui (et jusqu’à quand) le cododo fonctionne vraiment ?
Il existe différents "types" de cododo : le contact direct dans le lit parental, le berceau accolé, ou la simple proximité (bébé dans son lit mais dans la même chambre). Le choix dépend autant de la place disponible que de l’aisance et du ressenti de chacun.
La plupart des spécialistes (dont les recommandations du ministère de la Santé) préconisent que le bébé partage la chambre parentale les six premiers mois — mais sur une surface de sommeil séparée (berceau près du lit mais non sur le même matelas) pour limiter les risques.
Le cododo « pur » dans le lit parental, s'il est pratiqué par beaucoup de familles, nécessite une réelle vigilance et n'est pas recommandé pour tous. Certaines situations imposent d’arrêter le cododo ou de ne pas le débuter :
- Prématurité du bébé ou faible poids de naissance.
- Consommation de substances altérant la vigilance d’un parent.
- Lit inadapté (trop mou, trop encombré, non sécurisé…)
Quant à la durée : certains parents pratiquent le cododo seulement durant le post-partum, d’autres prolongent plusieurs mois, voire plusieurs années (notamment pour des raisons culturelles, de fratrie ou d’espace). Là encore, la règle est celle qui convient au mieux à la famille… sans négliger les besoins de chaque membre.
Organiser le cododo : conseils pratiques pour des nuits plus sereines
- Anticiper si possible dès la grossesse : choisir le matériel adapté, organiser la chambre, informer toute la famille de ce choix.
- Expliquer autour de soi : si vous devez confier votre enfant à une tierce personne (assistante maternelle, grands-parents), informez sur vos habitudes de sommeil afin d’éviter tout malentendu ou mauvaise adaptation.
- Préparer le passage à un sommeil indépendant : dédramatiser, accompagner l’enfant progressivement (histoire du soir, veilleuse, petite routine rassurante mais ferme).
- Ne pas oublier l’intimité du couple : aménager des temps sans l’enfant ou des espaces dédiés à la vie à deux (réinvention du coucher, moments pour discuter ou se retrouver autrement).
- S’écouter… et oser changer d’avis : il n’y a pas de modèle unique : si le cododo ne convient plus, rien n’empêche de trouver d’autres solutions. L’essentiel : la sécurité, la santé et le bien-être de chacun.
Cododo : idées reçues et vérités à connaître
- Non, le cododo n’empêche pas forcément l’enfant de devenir autonome : Les études sur l’attachement montrent que la proximité physique les premiers mois ne retarde pas le développement de la sécurité intérieure et de l’autonomie. Tout dépend de l’accompagnement et du ressenti de l’enfant.
- Non, le cododo ne doit pas remplacer un accompagnement du sommeil : Le partage du lit ne règle pas, à lui seul, les troubles du sommeil, mais le cododo peut être un outil parmi d’autres pour favoriser des nuits plus calmes.
- Oui, le cododo peut évoluer au fil du temps : De nombreux parents font le choix d’un cododo partiel (première partie de nuit dans la chambre de bébé puis dans la chambre parentale), ou inversent l’ordre selon les besoins de chacun.
- Oui, cela peut aussi ajuster les rythmes familiaux… quitte à retrouver le plaisir de dormir chacun chez soi plus tard !
Check-list pratique : passer au cododo pas à pas
- S’informer sur les dispositifs spéciaux cododo (berceaux, barrières, literie adaptée).
- Prévoir une chambre sobre, sans surcharge décorative dangereuse à proximité du couchage bébé.
- Expliquer à l’aîné (s’il y a des frères et sœurs) pourquoi et comment bébé dort avec papa/maman : dédramatiser la situation pour éviter jalousies ou incompréhensions.
- Anticiper vraiment l’hygiène (draps propres, aération quotidienne de la chambre, aucun fumeur).
- Ne pas hésiter à demander conseil à un professionnel de santé (sage-femme, puéricultrice) ou trouver des retours d’expériences de parents pour adapter la formule qui VOUS convient.
En bref : partager la nuit en famille, cela s’organise !
Le cododo reste un choix personnel, qui n’est ni une obligation ni un tabou. Si pratique, sécurisant et réconfortant pour beaucoup, il nécessite un cadre très précis pour garantir la sécurité de tous. Avant tout, le bon sens, l’écoute de soi, la recherche d’information fiable et la capacité à se réadapter restent la recette clé d’un cododo réussi. Et rappelez-vous : il n’y a pas de parents modèles, juste des familles qui tâtonnent, testent… et se reposent comme elles le peuvent !