Parentalité

Parentalité positive : des outils concrets à tester au quotidien

Par Maxime
4 minutes

Comprendre l’esprit de la parentalité positive

Changer de regard sur l’éducation, miser sur l’encouragement, la coopération, la communication et le respect mutuel : voilà le cœur de la parentalité positive. Popularisée notamment par les travaux d’Adele Faber et Elaine Mazlish ou Catherine Gueguen, cette approche vise à renforcer le lien entre parent et enfant, tout en plaçant les besoins et émotions de chacun au centre du quotidien. Mais concrètement, comment s’y prendre, quand les tensions ou la fatigue s’invitent ? Voici une sélection d’outils éprouvés à tester jour après jour pour passer de la théorie à l’action.


Accueillir les émotions : premiers réflexes à adopter

La parentalité positive ne nie pas les conflits ou les émotions intenses. Au contraire, elle propose de les reconnaître et de les accompagner.

  • Miroir émotionnel : Plutôt que de minimiser (“Ce n’est rien, ça va passer”), essayez de refléter l’émotion (“Tu as l’air très en colère, dis-moi”). Cela aide l’enfant à mettre des mots sur ce qu’il vit et à réguler ses réactions.
  • L’espace ‘pause douceur’ : Prévoyez un coin tranquille – coussin, doudou, petites histoires – où chacun peut venir souffler quand la tension monte. Le but n’est pas d’isoler ou de punir, mais de donner un sas de décompression.

La boîte à outils de la communication bienveillante

Remplacer les ordres par des invitations à coopérer

Dire “Je voudrais que tu ranges ta chambre maintenant !” génère souvent des résistances. On essaie plutôt :

  • Les choix limités : “Tu préfères commencer par les peluches ou les livres ?”
  • L’humour : “Opération commando pour sauver les chaussettes orphelines !”
  • Le « je » message : “Je me sens débordée quand le sol est encombré, peux-tu m’aider ?”

Les messages clairs plutôt que les questions piège

  • Privilégiez “Il faut mettre le manteau pour sortir, il fait froid !” plutôt que “Tu n’as pas froid ?”.
  • Formulez les attentes de façon concrète (“Marche, s’il te plaît” au lieu de “Ne cours pas !”).

Instaurer des routines et règles qui rassurent

Les enfants, petits ou grands, se sentent plus en sécurité dans un cadre explicite. Cela favorise aussi leur coopération.

  • Tableaux de routines visuels : Dessinez ou imprimez les étapes du soir (bain, pyjama, histoire, dodo) sous forme d’affiche. L’enfant coche ou déplace une gommette à chaque étape accomplie.
  • Règles claires et discutées : Impliquez l’enfant dans la formulation des règles (“Pour vivre ensemble le matin : chacun s’habille, met la table, prépare son sac… Qu’en dis-tu ?”)
  • Prévenir plutôt que punir : “Dans cinq minutes, on coupe la tablette, tu veux finir ton dessin ou choisir un autre jeu ?”

Remplacer la punition par la réparation et les conséquences logiques

La parentalité positive incite à questionner le réflexe de la punition, qui prive rarement l’enfant d’outils pour agir autrement la fois suivante.

  • La réparation : Si un jeu est cassé dans un accès de colère, l’enfant participe à le réparer, ou aide à ranger après coup. On mise sur l’apprentissage, pas sur la honte.
  • Les conséquences logiques : Si l’assiette est laissée sur la table, l’enfant revient la débarrasser à un moment calme. L’adulte verbalise la logique (“Quand on participe, c’est plus agréable pour tout le monde”).
  • Le droit à l’erreur : Encouragez à s’exprimer sans crainte (“Qu’est-ce qui t’a mis en colère ? On en parle pour éviter que ça recommence ?”).

Les mots qui soutiennent : techniques d’encouragement au quotidien

  • Décrire au lieu de juger : “Tu as rangé les cubes dans la boîte, et remis les livres en pile” encourage plus que “Bravo, tu es sage”.
  • Orienter sur les progrès : “Tu as déjà mis tes chaussures ! Que manque-t-il avant de partir ?”
  • Inviter à la réflexion : “Qu’est-ce que tu pourrais faire différemment la prochaine fois ?”

Gérer les crises et les colères autrement

Peur, fatigue, frustration… Les tempêtes émotionnelles sont normales chez l’enfant. Quelques réactions testées pour éviter l’escalade :

  • Lui offrir un temps d’accueil : “Tu sembles vraiment fâché. Je reste avec toi. Je suis là.”
  • Exprimer l’empathie sans céder à l’inacceptable : “Je comprends que tu sois déçu, mais taper n’est pas permis. Viens, on souffle ensemble.”
  • Proposer un exutoire physique autorisé : “Tu as envie de bouger fort ? Viens sauter ou taper dans un coussin.”

Valoriser la participation et l’autonomie des enfants

  • Petites missions adaptées à l’âge : Mettre la table, arroser les plantes, trier les chaussettes, choisir un dessert pour le repas du dimanche… L’essentiel est d’impliquer chacun à hauteur de ses capacités.
  • Demander de l’aide sans ironie : “J’aurais besoin de toi pour tenir ce saladier pendant que je coupe les pommes.”
  • Laisser essayer, même si ce n’est pas parfait : L’objectif n’est pas le résultat mais l’apprentissage.

Ce qu’il vaut mieux éviter (et pourquoi !)

  • Les étiquettes : Évitez de dire “il est maladroit”, “elle est capricieuse”… Celles-ci enferment l’enfant dans un rôle difficile à dépasser. 
  • Les menaces et chantages : “Si tu ne fais pas ça, tu n’auras pas de dessert.” Préférez la discussion sur les causes et conséquences.
  • L’humiliation : Parfois involontairement (“Tu vois bien que ton frère y arrive, lui !”), elle génère de la rivalité et entame la confiance.
  • La sur-solicitation de l’avis : Laisser trop de choix peut aussi angoisser l’enfant ; fixez un cadre avant d’ouvrir à la négociation.

Agir pas à pas : comment amorcer le changement

  • Choisir un seul outil à la fois : Testez, observez l’effet, puis ajustez.
  • Rester indulgent envers soi-même : Les changements sont progressifs, et personne n’est parfait tous les jours.
  • En parler à l’entourage : Crèche, école, grands-parents… Expliquez vos démarches pour éviter les incompréhensions et gagner en cohérence.

Besoin d’aller plus loin ? Ressources utiles

  • Livres: "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent" – Faber & Mazlish ; "Pour une enfance heureuse" – Dr Catherine Gueguen ; "J’ai tout essayé !" – Isabelle Filliozat.
  • Sites: afc.asso.fr (Ateliers Faber-Mazlish en France), papapositive.fr, parentalite-creative.com

En résumé : mettre la théorie en action pour une vie de famille apaisée

Parentalité positive ne signifie pas absence de limites ou complaisance, mais qualité de présence et d’écoute, esprit collaboratif et encouragement au quotidien. Les outils présentés ici, simples à mettre en œuvre, aident à installer un climat familial serein, où l’enfant se sent compris, guidé et reconnu. Ce cheminement se construit jour après jour, avec bienveillance, mais aussi souplesse face aux imprévus. Osez expérimenter, revenez sur ce qui dysfonctionne… et célébrez chaque petit progrès, ensemble !

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