Parentalité

Favoriser la complicité entre parents et enfants au quotidien

Par Maxime
5 minutes

La complicité familiale : un socle du bien-être et du quotidien


Vivre ensemble, ce n’est pas seulement partager un toit ou un planning. Pour beaucoup de familles, tisser des liens solides, trouver une qualité de relation, s’appuyer sur la confiance et l’humour au fil des semaines fait toute la différence. La complicité familiale, ce n’est ni un don, ni une recette magique à appliquer : c’est surtout une succession de petits choix concrets, d’attentions, d’écoutes, de rituels et d’occasions saisies au quotidien pour se comprendre, rire ensemble, et s’entraider… même dans le tourbillon de la vie moderne.


Pourquoi la complicité, au fond, ça change tout ?


  • Un bouclier contre le stress : En se sentant solidaires, on affronte mieux les coups durs, l’accumulation d’obligations, les tracas scolaires ou de travail.
  • Davantage de coopération au quotidien : Un climat complice, c’est moins de conflits pour les tâches du soir, les devoirs ou l’organisation de la maison. On a envie de s’aider, de proposer, de se relayer.
  • L’espace pour l’expression et l’humour : Parler vraiment, raconter ses soucis ou plaisanter sur la journée, c’est plus facile quand la relation est fluide et respecte la différence de chacun.
  • Des souvenirs heureux : Ce sont les moments partagés, même simples, qui soudent une famille : balades improvisées, recettes spéciales du dimanche, rires du petit-déjeuner…

Au quotidien : comment nourrir la complicité (sans outils miracles...)


1. Multiplier les vrais temps d’échange courts (pas besoin d’attendre le grand week-end !)


Inutile d’organiser chaque semaine des événements extraordinaires ou coûteux. Les micro-moments quotidiens sont la base :


  • Écouter – vraiment – ce que chacun raconte à table, dans la voiture ou lors du rituel du coucher. Même si le sujet paraît anodin.
  • Poser une question qui donne à rire ou réfléchir : "Si tu pouvais te téléporter aujourd’hui, tu irais où ?" "Quel personnage voudrais-tu inviter à la maison ?"
  • Accepter (et raconter) ses propres ratés, ses faiblesses, ses souvenirs drôles d’enfance pour encourager les confidences.

2. Créer (et faire durer) des rituels qui vous ressemblent


  • Petit-déjeuner du samedi "pyjama" où tout le monde traîne et papote autour du chocolat chaud.
  • Une soirée "sushi maison", pizza ou crêpes, préparée tous ensemble.
  • Un défi photo : "Qui prendra la photo la plus drôle de la semaine ?" affichée sur le frigo.
  • Inventer un mot-clé ou une blague de famille, à ressortir dès qu’une tension monte.

Peu importe l’activité, l’important c’est la régularité et le plaisir partagé, pas la perfection logistique ou la durée !


Des astuces concrètes pour entretenir la complicité dans la vraie vie


Se rendre disponible, même quelques minutes


  • Accueillir l’émotion sans la juger : "Tu pleures pour ce dessin, c’est important pour toi" crée bien plus de lien que "Mais ce n’est rien, ce n’est pas grave".
  • Se laisser interrompre : S’offrir 2 à 3 minutes pour écouter vraiment ce que l’enfant ou l’ado veut raconter, même fatigué, montre que sa parole compte.
  • Dire ce qu’on apprécie : Remettre en avant un geste sympa, remercier pour une aide, féliciter une initiative spontanée crée une dynamique de gratitude.

S’autoriser l’humour et la légèreté


  • Lâcher prise sur les petites maladresses (parfois ce qui fait rouspéter sur le moment devient un fou rire plus tard).
  • Lancer des "missions secrètes de la journée" (mettre un mot gentil dans la poche, inventer une chanson sur le brossage de dents…)
  • Dédramatiser après une dispute avec l’idée qu’on « ne s’aime pas moins pour autant ».

Adapter selon l’âge : être complice avec petits, grands... et ados


Petits enfants : le jeu comme langage universel


  • Prendre 10 minutes pour jouer vraiment avec eux, même simplement (cache-cache, dînette, constructions).
  • S’impliquer dans les histoires inventées, donner une voix différente à chaque peluche.
  • Miser sur les contacts physiques (câlins, chatouilles, rondes) qui rassurent et créent l’attachement.

Enfants du primaire : la complicité 100% curiosité


  • Partager les centres d'intérêt : "Tu me montres comment tu dessines ce dragon ?"
  • Lancer des défis "connaissances" ou "énigmes" à résoudre ensemble.
  • Créer des projets communs : bricolage, jardin, cuisine, élevage de fourmis…

Ados : la confiance plus que le contrôle


  • S’intéresser à leur univers (film, musique, réseaux) sans juger automatiquement.
  • Laisser de la place à la confidentialité tout en restant accessibles.
  • Proposer une sortie "découverte" : escape-game, expo, rando, selon les goûts – mais sans forcer si ce n’est pas le moment.

Ce qui freine la complicité : pièges à déjouer


  • L’hypercontrôle : Trop vouloir tout vérifier empêche la confiance et les confidences spontanées.
  • L’injonction constante à la performance : Laisser la place à l’imperfection, célébrer les essais et les rires même si le gâteau est raté ou la soirée "télé" tourne à la bataille d’oreillers.
  • S’isoler dans les écrans ou obligations : Organiser des plages "sans notifications" et sans téléphone pour tous, même quinze minutes, donne le signal.
  • Éviter de donner le ton trop sérieux en permanence : Recadrer oui, expliquer aussi, mais oser l’autodérision, se déguiser ou danser au salon fait aussi partie du job !

Jeux et activités qui créent du lien au fil des âges


  • Soirée défis en famille : chacun invente un mini-jeu ou un gage à réaliser, tous participent (mime, chant, imitation…)
  • Album souvenir "365 moments chouettes" : on inscrit chaque soir une anecdote positive ou drôle de la journée sur un carnet à relire ensemble en fin de semaine.
  • Bain musical / soirée karaoké improvisée : les plus timides finissent souvent par rire et participer (en mettant les paroles sur papier ou en dansant dans la cuisine).
  • Corvées en mode jeu : Qui videra le lave-vaisselle le plus vite ? Inventer un classement humoristique des "as du balai" ou "rois de la chaussette retrouvée".
  • Chasse au trésor express : pour préparer une surprise, une table spéciale ou simplement trouver des indices pour découvrir un mot doux.

Intégrer la complicité dans les moments difficiles


  • Lors d’une crise, on peut proposer une pause "émotion" où chacun dit ce qu’il ressent, même si c’est difficile à entendre.
  • Prendre l’habitude de demander "+ et –" de la journée pour équilibrer ce qui a été difficile et le positif, sans minimiser ni dramatiser.
  • Savoir dire pardon, en tant qu’adulte, et montrer que tout le monde peut réparer une maladresse.

En pratique : 5 minutes par jour suffisent pour nourrir la complicité familiale


  • Sourire en se croisant, déposer un mot sur l’oreiller, préparer une blague à ressortir au retour d’un contrôle ou après une journée chargée.
  • Proposer un câlin collectif ou individuel avant d’aller au lit, même quand les enfants grandissent (à ajuster selon les envies !)
  • Prendre le temps d’un récit drôle ou d’un souvenir à partager avant de démarrer une activité ou de quitter la maison.
  • Dessiner, bricoler ou jardiner côte à côte en parlant « de rien », la conversation viendra souvent d’elle-même.

À retenir : complice, mais pas copain


Être complice, ce n’est pas tout céder ni tout partager. C’est surtout respecter le cadre, mais insuffler un esprit d’équipe où chaque membre se sent accueilli, écouté et libre d’être lui-même. La complicité rend la vie de famille plus légère, même dans les moments de tensions ou d’organisation difficile.


Conclusion : chaque famille peut trouver "son" style de complicité


Ne cherchez pas la perfection ni la recette universelle. L’essentiel, c’est la sincérité, la régularité et la capacité à rebondir… même en cas de dispute ou de panne d’idées. En multipliant les petits gestes, les attentions, les temps d’écoute, les fous rires et les rituels, la complicité familiale deviendra peu à peu un socle sur lequel chacun pourra s’appuyer durablement. Et c’est souvent là, dans ces moments apparemment insignifiants, que se forgent les plus beaux souvenirs… et la capacité à affronter ensemble tout ce que la vraie vie réserve !

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