Éducation

Aider son enfant à développer la concentration et l’attention

Par Maxime
5 minutes

Pourquoi certains enfants ont-ils du mal à se concentrer ?

La concentration se construit au fil du temps et elle n'est pas innée. Chez beaucoup d’enfants, il est naturel d’avoir du mal à soutenir longtemps leur attention sur une tâche, surtout dans un monde où les sollicitations sont nombreuses : écrans, bruits, sollicitations constantes à la maison ou à l’école.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer les difficultés de concentration : l’âge, le manque de sommeil, la faim, l’environnement, mais aussi parfois le stress ou la charge émotionnelle. Un cerveau d’enfant a besoin d’être entraîné comme un muscle, et la famille, au quotidien, a un rôle clé pour le guider sans pression.

Comment repérer un vrai manque de concentration ?

  • Un enfant qui saute du coq à l’âne dans ses activités : il commence un dessin, puis regarde ailleurs, oublie son histoire ou ne finit pas son jeu.
  • Des oublis fréquents : il laisse traîner ses affaires, oublie les consignes ou perd souvent le fil d’une tâche simple.
  • Une agitation motrice : l’enfant bouge beaucoup sur sa chaise, multiplie les mouvements sans but réel.
  • Des difficultés à écouter jusqu’au bout les instructions, ou à retenir ce qui vient d’être dit.

Ces signaux ne sont inquiétants que s’ils s’installent dans la durée, entravent l’apprentissage ou la vie familiale, ou s’accompagnent d’autres troubles (sommeil, anxiété forte). Dans la majorité des cas, il s’agit d’étapes normales du développement, sur lesquelles on peut agir simplement.

Les bases à poser à la maison

  • Le sommeil, premier carburant de l’attention : Un enfant fatigué a beaucoup plus de mal à mobiliser sa concentration. Veillez à des horaires réguliers de coucher, une chambre calme, éloignée des écrans au moins 1h avant le dodo.
  • Des temps calmes dédiés : Instaurez dans la routine quotidienne (après l’école, avant le repas) un vrai “sas” de calme (lecture, musique douce, coins de détente) pour aider le cerveau à se poser.
  • Des repas structurés : Faim et hypoglycémie gênent fortement la concentration. Privilégiez petits-déjeuners protéinés et goûters sans excès de sucre rapide.
  • Un environnement allégé : Avant toute activité qui nécessite d’être attentif, rangez l’espace, limitez le bruit (télévision, radio), imposez la règle du “1 écran à la fois”.

Favoriser l’attention au quotidien : des routines simples

  1. Poser des consignes claires et courtes : Parlez lentement, découpez les tâches en deux ou trois étapes maximum, surtout pour les plus jeunes (“d’abord tu mets les chaussures, puis tu prends ton manteau”).
  2. Instaurer de petites missions ciblées : Demandez à l’enfant de s’occuper d’une chose, puis félicitez-le (“Tu ranges les couverts, puis tu viens me voir”). Il voit qu’il peut aller au bout, ça encourage son effort.
  3. Marquer les changements de rythme : Annoncez la transition entre deux activités (“Dans cinq minutes, on passe à table”), cela donne le temps au cerveau de se préparer.
  4. Rester patient et valoriser l’effort : La concentration est fluctuante selon les jours. Toujours féliciter l’enfant d’avoir essayé d’aller au bout, même si tout n’est pas terminé.

Exercices et petits jeux pour entraîner la concentration

  • Les jeux d’observation : Chercher les différences, jeux de memory, puzzles, “Où est Charlie ?” obligent l’enfant à regarder avec précision, à se focaliser.
  • Le yoga ou la méditation adaptée aux enfants : Apprendre à fermer les yeux, ressentir sa respiration, repérer ce qui se passe dans son corps, quelques minutes chaque jour, aide à apprivoiser le calme intérieur.
  • Les histoires à compléter : Lire une courte histoire, puis poser une question sur un détail. Ou inventer la suite ensemble, stimule l’écoute active et la mémoire.
  • Les activités “pas à pas” : Recettes de cuisine, ateliers bricolage, construction de maquettes… invitez l’enfant à suivre des étapes en séquence, sans sauter tout de suite à la fin.
  • Le défi du silence : Qui tiendra le plus longtemps sans parler ni bouger (jeu à faire en famille, pas trop longtemps et dans la bonne humeur )

Comment limiter les distractions ?

  • Faire un seul “travail” à la fois : Interdire la multiplication des tâches (écran + cahier + discussions...). L’attention fonctionne comme une lumière : plus on la disperse, moins elle éclaire bien.
  • Créer des rituels visuels : Un sablier, une horloge colorée, une musique douce pour signaler les moments où il faut se concentrer. Les repères récurrents aident l’enfant à comprendre le cadre.
  • Faire des pauses régulières : Mieux vaut 10 minutes de vraie attention que 30 minutes à rêvasser. Fractionnez le travail scolaire ou les activités longues (“On fait 10 minutes, petite pause, puis on reprend si besoin”).
  • Gérer l’accès aux écrans : Pas d’écran en libre accès pendant les moments demandant de la concentration. Installez des créneaux, puis déconnectez vraiment entre deux usages.

Les erreurs à éviter

  • Surstimuler sans pause : Enchaîner les activités à la maison, vouloir “occuper” à tout prix, peut surcharger leur attention au lieu de l’aider. L’ennui est parfois précieux !
  • Gronder ou comparer avec d’autres enfants : Chaque enfant a son rythme. Les remarques du type “Ton frère y arrive, pourquoi pas toi ?” sont décourageantes.
  • Attendre la perfection : Un enfant qui bâcle ou décroche n’est pas “fainéant” : il a besoin d'entraînement, pas de jugements.
  • Donner les consignes à la volée : Les enfants entendent 10% de ce qu’on leur dit quand ils sont absorbés. Posez-vous à côté, touchez son bras ou nommez-le, parlez face à lui.

Si malgré tout, la concentration ne vient pas : que faire ?

Parfois, c’est l’école ou un professionnel qui alerte sur des difficultés persistantes d’attention (résultats en dents de scie, agitation durable, grande impulsivité). Ne culpabilisez pas. Le dialogue avec l’enseignant est important : il pourra donner des pistes pour mieux cibler l’origine des difficultés, distinguer un simple retard de maturité d’un éventuel trouble (comme le TDA/H).
Un bilan chez le médecin scolaire ou un pédopsychiatre peut être proposé si besoin, mais dans la majorité des cas quelques ajustements familiaux suffisent à remettre l’enfant sur de bons rails.

Routines concrètes à instaurer en famille 

  1. Mettre en place le “moment concentration” après chaque activité intense : Quelques minutes au calme, sans bruit, avant de se mettre aux devoirs ou à une activité qui demande de l’attention.
  2. Trouver chaque soir un temps d’échange sur ce qui a aidé l’enfant à rester concentré : “Quand as-tu eu l’impression de bien écouter ou d’aller au bout aujourd’hui ?”
  3. Faire ensemble une activité où la concentration est récompensée : Puzzle en famille, un jeu de société, un coloriage collectif, puis féliciter même la plus petite attention portée au jeu.
  4. Solliciter de petits “défis attention” à table ou en balade : Qui se souvient du menu ? Qui repère dix détails dans la rue en allant à l’école ?

En résumé : entraîner l’attention, c’est un travail d’équipe

La capacité de concentration se renforce jour après jour, dans un climat familial bienveillant et structuré. Impliquez l’enfant dans des routines ludiques, proposez un environnement paisible, fractionnez les tâches, acceptez les petits décrochages et félicitez toujours l’effort. L’essentiel : pas de pression, des encouragements et une marche progressive, adaptée à son âge. Petit à petit, votre enfant gagnera confiance en lui et prendra goût à “aller au bout” de ses projets. Cette compétence lui servira toute la vie, bien au-delà de l’école !

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