Santé des enfants

Enfants et pollution : que faire pour limiter les risques sur la santé ?

Par Maxime
5 minutes

Pourquoi les enfants sont-ils plus sensibles à la pollution ?


L’environnement dans lequel nos enfants grandissent n’est pas neutre. En ville comme à la campagne, la pollution atmosphérique, notamment les particules fines, l’ozone et les composés organiques volatils, est un facteur de risque pour la santé des plus jeunes. Leur organisme en développement les rend plus vulnérables : leurs voies respiratoires sont plus petites, leur système immunitaire n’est pas complètement mature, et ils respirent plus rapidement que les adultes à poids égal. Tout concourt à faire de la pollution un enjeu concret et quotidien pour la santé de nos enfants.


Les effets de la pollution chez les enfants : concret et prouvé


  • Problèmes respiratoires amplifiés : asthme, bronchites répétées, toux persistante, essoufflements et allergies sont bien plus fréquents chez les enfants exposés à la pollution.
  • Retards de croissance pulmonaire : Des études montrent que la croissance des poumons est ralentie quand l’air est chargé en polluants, pouvant laisser des traces définitives à l’âge adulte.
  • Augmentation du risque d’otites, infections ORL : Les polluants fragilisent la muqueuse et facilitent les infections.
  • Troubles du développement cognitif et baisse de concentration : Certaines recherches récentes pointent un impact de la pollution sur la qualité du sommeil, l’attention, voire même le QI.
  • Aggravation des pathologies chroniques : Les enfants diabétiques, cardiaques ou porteurs d’une maladie chronique sont tout particulièrement à risque lors des pics de pollution.

Pollution en ville, à l’école, à la maison : où sont les risques les plus concrets ?


Contrairement aux idées reçues, l’air intérieur (maison, école) est parfois plus pollué que l’air extérieur, notamment à cause des produits ménagers, des peintures, tabac, cheminées, ou encore de l’aération insuffisante. Mais les transports, la proximité du trafic routier, les espaces urbains concentrés autour des axes encombrés restent les sources majeures de pollution : déposer ou chercher son enfant à l’école, le temps passé dans la cour ou lors des activités sportives en extérieur, ce sont des moments-clefs à surveiller.


Limiter l’exposition de son enfant : conseils concrets pour la vie quotidienne


  • Privilégier les trajets hors axes très circulés : Pour aller à l’école, mieux vaut faire 5 minutes de marche de plus via des rues calmes que longer un boulevard pollué. De nombreux polluants stagnent à hauteur d’enfant, surtout le matin et en fin de journée.
  • Adapter les horaires d’activités extérieures : Faire jouer ou promener les enfants loin des heures de pointe limite leur exposition.
  • Surveiller la qualité de l’air : Consultez les alertes locales de pollution (Appli AirParif, Atmo ou sites météo) pour ajuster les sorties, notamment chez les enfants fragiles.
  • Lutter contre la pollution intérieure : Aérez au moins deux fois 10 minutes par jour, même en ville, mais évitez d’ouvrir aux heures de trafic intense.
  • Bannir tabac et parfums d’intérieur : Le tabagisme passif reste la principale pollution domestique. Bougies et sprays parfumés libèrent aussi des composés nocifs.
  • Opter pour des produits ménagers simples : Vinaigre, savon noir ou bicarbonate pour le ménage ; limitez les désinfectants, notamment les lingettes et sprays.

Ce qu’il faut éviter : faux amis et idées reçues


  • Vaporiser des déodorants d’intérieur ou des huiles essentielles : Respirer certains composés volatils peut irriter les voies respiratoires fragiles.
  • Utiliser l’aspirateur pendant présence des enfants : Surtout s’il n’a pas de filtre HEPA ; certains modèles brassent plus de poussiéres qu’ils n’en retiennent.
  • Laisser l’enfant dans une voiture stationnée moteur tournant : L’air s’y charge rapidement en gaz nocifs, effet « piège à polluants » garanti.
  • Croire que seul l’air extérieur est pollué : La pollution intérieure, souvent ignorée, est parfois la plus risquée car concentrée sur de longues durées.

Les bons réflexes pour les parents lors des pics de pollution


  • Diminuer les activités physiques dehors : Reporter les sorties longuement actives (football, jogging, parc) et préférer des activités calmes à l’intérieur.
  • Éviter les transports trop longs : Préférez les courts trajets à pied ou à vélo dans des rues secondaires plutôt que rester bloqué une demi-heure en voiture fenêtres ouvertes.
  • Bien fermer les fenêtres aux mauvaises heures : Entretenez la ventilation mais fermez les fenêtres durant les pics, souvent entre 7h30-10h et 17h-20h en ville.
  • Adapter les soins aux enfants fragiles : Suivi médical particulier, renouvellement de traitement de fond asthmatique si besoin, consultation si la toux, l’essoufflement ou la gêne durent.
  • Informer l’enfant selon son âge : Sans l’inquiéter, expliquez l’importance de laver ses mains, de ne pas ouvrir les fenêtres seul, et de signaler toute gêne respiratoire.

Pollution de l’air, mais aussi de l’eau et des sols : points d’attention


La pollution n’est pas que dans l’air. L’eau, notamment en réseau ancien ou dans certaines zones rurales, peut contenir nitrates, plomb ou pesticides. Renseignez-vous sur la qualité de l’eau au robinet (rapport annuel de la mairie, carte interactive du ministère), et préférez l’eau filtrée ou en bouteille si le doute subsiste.

Côté jeux extérieurs, attention aux airs de jeux situés proches du trafic ou en sol artificiel peu aéré. Lavez les mains après la terre et le sable, surtout avant de manger. Si vous avez un jardin : évitez les traitements chimiques, surtout à proximité des enfants ou lors d’un barbecue.


Astuces d’organisation au quotidien pour limiter les risques


  • Routine aération efficace : Programmez à heure fixe (après le lever, après le coucher des enfants) 10 minutes d’aération croisée.
  • Organisation lessive : Séchez à l’extérieur dès que possible, ou dans une pièce aérée, pour éviter l’humidité qui peut favoriser les moisissures.
  • Bannir les supersprays : Remplacez les produits 3-en-1 par des recettes maison (savon, vinaigre blanc, bicarbonate), complètes, faciles à réaliser à plusieurs.
  • Pôles propres : Gardez chaussures, cartables et vestes hors des pièces de vie pour limiter l’entrée de particules présentes sur ces supports.
  • Mobilisez l’école : En tant que parent, vous pouvez demander l’aération régulière des salles, le suivi de la qualité de l’air intérieur, et relayer les alertes pollution en période critique.

Le rôle du collectif : les petites actions qui comptent


  • Covoiturage ou marche à pied pour l’école : Moins de voitures devant l’école = moins de pollution. Organisez-vous avec d’autres familles.
  • Inciter l’école à investir dans des plantes dépolluantes : Certaines plantes (fougères, chlorophytum) aident à assainir l’air dans les classes.
  • Soutenir les projets de piétonnisation autour des écoles : Même temporaire (journée sans voiture, projets de rues scolaires), cela réduit nettement l’exposition de tous les enfants aux particules fines.
  • Participer à des campagnes de mesure citoyenne : Certaines associations proposent de prêter des capteurs de pollution à installer sur un cartable ou une poussette : idéal pour sensibiliser l’enfant et l’école.

Ce qu’il faut retenir : agir, même à petite échelle, c’est protéger la santé des enfants


  • Chaque aménagement, même minime (itinéraire, horaires, aération, produits du quotidien), diminue l’exposition aux polluants les plus dangereux.
  • Impliquer l’enfant dans ces gestes au quotidien le responsabilise et lui donne des clés pour la vie.
  • L’information est le meilleur allié pour faire des choix adaptés selon sa situation (ville/campagne, enfant particulièrement fragile, contraintes locales).
  • L’action locale collective (autour des écoles, au sein des groupes de parents) est souvent la plus efficace : cela fait vraiment progresser la qualité de l’environnement des enfants.

En résumé : agir chaque jour, sur l’air, l’eau, les habitudes à la maison ou sur le trajet de l’école, c’est offrir aux enfants un souffle plus sain, aujourd’hui et pour toute leur vie. À nous, parents, d’adopter une vigilance concrète, positive, et de prouver que même sans être parfait, chaque geste compte !

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