Éducation

Comprendre les différents styles d'apprentissage des enfants

Par Maxime
6 minutes

Repérer comment chaque enfant apprend : des clés concrètes pour les parents


Tous les enfants n’apprennent pas de la même façon – et c’est tant mieux ! Certains retiennent en lisant, d’autres en manipulant, d’autres encore en écoutant ou en bougeant. Mieux connaître ces différents styles d’apprentissage permet d’ajuster l’accompagnement à la maison, d’apaiser les moments de devoirs et de stimuler la curiosité au quotidien. Voici un guide accessible et pratique pour comprendre les grandes catégories de profils… et surtout passer à l’action sans se perdre dans les étiquettes !


Qu’entend-on par « styles d’apprentissage » ?


Le terme « styles d’apprentissage » désigne la ou les façons privilégiées d’absorber, de traiter, puis de retenir l’information. Cela influence la manière dont votre enfant réussit à mémoriser, à comprendre et à mettre en pratique ce qu’il découvre. Même si chaque cerveau est unique et hybride, la plupart des enfants ont des préférences qu’on peut observer et sur lesquelles on peut s’appuyer.


Les quatre grandes familles de styles : repères et signes à surveiller


  • Visuel : L’enfant apprend mieux avec des images, des schémas, des couleurs, des cartes mentales. Il aime observer, faire des listes, lire des consignes écrites. Signes : Il retient bien ce qu’il lit, demande à voir pour croire, apprécie les vidéos, a parfois du mal avec les longues explications orales.
  • Auditif : Il retient en écoutant. On le voit utiliser des chansonnettes pour mémoriser, redire à haute voix, ou débattre pour comprendre. Signes : Il pose beaucoup de questions, préfère les dictées à la copie, a besoin d’expliquer les choses oralement ou de se les raconter dans sa tête.
  • Kinesthésique : Il a besoin d’agir, toucher, manipuler ou bouger pour intégrer une nouvelle notion. Il retient mieux par le jeu, la manipulation, l’expérimentation concrète. Signes : Il a du mal à rester assis longtemps, préfère les expériences aux leçons, aime le sport, la danse, les constructions.
  • Verbal/linguistique : Il retient par les mots, adore les histoires, la lecture, l’écriture, les jeux de rôle. Il s’exprime facilement par écrit ou oral et apprécie de raconter, d’écouter ou d’inventer. Signes : Il aime les jeux de mots, lit beaucoup, prend des notes spontanément ou rédige des petits textes pour apprendre.

À noter : aucun enfant ne se limite à un seul style, l’idéal est donc d’identifier ses deux ou trois préférences et d’adapter l’environnement autour de ces forces.


Pourquoi reconnaître les styles d’apprentissage chez son enfant ?


  • Mieux aider sans braquer : Lorsqu’on comprend qu’un enfant a « besoin de bouger pour mémoriser » ou « d’écouter plutôt que de lire », on évite de forcer une méthode inefficace… ce qui réduit les tensions.
  • Valoriser les réussites naturelles : Un enfant qui apprend vite en regardant une vidéo ou en répétant à voix haute n’est pas « dissipé » ou « trop bavard » : il utilise ses forces.
  • Ajuster les moments devoirs : Suggérer de dessiner une carte mentale pour une leçon, de la lire avec différents tons ou de la transformer en expérience pratique, c’est rendre le travail plus vivant… et moins pénible.
  • Soulager la pression scolaire : Parfois, les difficultés à l’école ne traduisent pas un manque de capacité, mais un décalage entre la « méthode officielle » et celle qui convient à l’enfant. Savoir l’identifier, c’est déjà rassurant pour toute la famille.

Comment observer le style de son enfant ?


  • Regardez quand il retient sans effort : Préfère-t-il recopier, écouter, toucher, expliquer ? Cherche-t-il à faire pour comprendre ?
  • Notez ses commentaires spontanés : « Montre-moi ! », « Explique-moi ! », « Je peux essayer ? », « J’ai besoin de le dire à haute voix » sont des indices précieux.
  • Faites-lui tester différentes approches : Cartes mentales colorées, chansons inventées, expériences à manipuler, rédaction d’un petit conte… Voyez ce qui accroche sa curiosité et sa mémoire sans contrainte.
  • Demandez-lui ce qu’il préfère : Beaucoup d’enfants savent expliquer ce qui « les aide à comprendre » ou, au contraire, « ce qui les bloque ».

Idées concrètes pour stimuler chaque profil


Pour les visuels


  • Faites-lui réaliser des cartes mentales en couleur, des schémas ou des tableaux de synthèse.
  • Laissez-le surligner, coller des post-its, créer des flashcards dessinées ou illustrées.
  • Montrez-lui des vidéos, proposez des puzzles, des jeux d’observation ou des bandes dessinées pédagogiques.

Pour les auditifs


  • Lancez les dictées à deux voix, enregistrez la leçon lue par l’enfant puis réécoutez-la ensemble.
  • Inventez des chansons ou des rimes pour retenir des dates, des règles…
  • Jouez avec des quiz oraux, posez des questions et valorisez le fait de débattre ou d’expliquer à un tiers.

Pour les kinesthésiques


  • Fabriquez des manipulations : bacs de sable, jeux de construction, expériences faciles, usage de pâte à modeler ou de légos pour illustrer un concept.
  • Faites bouger : mémorisez en marchant ou en sautant (par exemple, apprendre les tables en tapant des mains ou des pieds), mimez des situations.
  • Privilégiez les devoirs debout ou avec accessoires (tableau, feutres, objets du quotidien détournés…)

Pour les enfants à dominante verbale/linguistique


  • Proposez qu’il raconte la leçon à un « auditeur » (frère, parent, animal en peluche) ou qu’il la mette en scène.
  • Encouragez la tenue d’un journal d’apprentissage, l’écriture de résumés ou de petits poèmes sur ce qu’il a retenu.
  • Misez sur les jeux de société basés sur les mots, les devinettes, les histoires à compléter.

Éviter les pièges et les fausses croyances


  • Ne pas enfermer dans une case : Un style dominant n’exclut ni la polyvalence ni l’évolutivité. L’enjeu : renforcer le plaisir d’apprendre, pas limiter les expériences !
  • Ne pas négliger l’effort nécessaire : Même si un enfant préfère manipuler, il devra aussi apprendre à écouter ou à lire selon les matières. Varier reste utile.
  • Ne pas croire au « style miracle » : Il n’existe pas de méthode qui résout tout. Ce qui compte, c’est d’observer ce qui marche pour VOTRE enfant ici et maintenant… et d’ajuster au fil de ses âges.
  • Ne pas remplacer tous les apprentissages par le jeu seul : Le jeu est un levier fort, mais il ne se suffit pas à lui-même sur le long terme. L’alternance et l’adaptation, voilà la clé.

Des conseils pratiques pour adapter la maison à tous les styles


  • Aménagez un espace de travail flexible : coin tranquille pour lire/écrire, petite zone modulable pour manipuler ou débattre, boîte d’accessoires créatifs à disposition.
  • Encouragez la prise d’initiative sur « comment apprendre » la prochaine leçon.
  • Laissez l’enfant vous montrer, expliquer ou même vous apprendre ce qu’il sait déjà… C’est valorisant et très renforçant pour sa mémoire !
  • Testez des « défis apprentissage » en famille : chacun présente une info à sa manière favorite, puis on compare ce qui a été retenu par qui.

Quand et pourquoi consulter un professionnel ?


Si malgré l’adaptation aux styles d’apprentissage, de forts blocages persistent (rejet de l’école, échec massif, symptômes de stress ou de découragement), n’hésitez pas à solliciter enseignant, psychologue scolaire ou orthopédagogue. Parfois, une difficulté non repérée (trouble d’apprentissage, trouble de l’attention...) vient gêner l’accès au plaisir d’apprendre, indépendamment du style. Un bilan permet alors d’ajuster les pistes, sans vous culpabiliser.


Ce qui marche vraiment : écouter, tester et ajuster


  • Observez et questionnez votre enfant sur ce qui l’aide vraiment.
  • Diversifiez les approches, même au quotidien hors école (cuisine, sorties, jeux de société, petits projets maisons… sont des terrains d’apprentissage varié !).
  • Valorisez ses résultats obtenus « à sa façon ».
  • Ajustez vos attentes : l’essentiel, c’est de progresser avec plaisir, pas de tout réussir immédiatement.

En résumé : accompagner, c’est valoriser les différences


Savoir que chaque enfant possède ses fragilités et ses points forts change la dynamique familiale autour des apprentissages. Loin des comparaisons ou des étiquettes, l’important est d’ouvrir le dialogue, d’aider à tester, à se tromper, à ajuster… et de valoriser tous les progrès, si petits soient-ils. Avec un brin d’observation et de souplesse, vous donnez à votre enfant le goût d’apprendre selon ses forces, tout en l’aidant peu à peu à explorer d’autres façons de réfléchir. À la clé ? Moins de découragement, plus d’autonomie – et une vie de famille plus sereine face aux défis de l’école et du quotidien !

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