Cuisine en famille

Créer un carnet de recettes familial avec les enfants

Par Maxime
6 minutes

Un projet ludique et fédérateur autour de la cuisine


La cuisine en famille, ce n'est pas seulement préparer le dîner ou improviser un gâteau les jours de pluie. C'est aussi une formidable occasion de créer du lien, de cultiver de jolis souvenirs… et pourquoi pas, de transmettre de précieuses compétences. Mais comment rendre tout cela encore plus vivant au quotidien ? En imaginant et fabriquant ensemble un carnet de recettes familial — un trésor à feuilleter et réinventer, adapté à tous les âges.


Pourquoi construire son propre carnet de recettes ?


  • Donner du sens aux recettes du quotidien : Noter ce que l’on réalise à la maison, c’est valoriser les plats “ordinaires” comme les grandes occasions. Chaque recette devient une histoire à se raconter et à transmettre.
  • Impliquer petits et grands à chaque étape : Écrire, dessiner, coller des photos ou des souvenirs de repas ensemble, c’est embarquer toute la famille dans une aventure concrète et créative.
  • Développer autonomie et organisation : Le carnet de recettes encourage les enfants à suivre des instructions, à comprendre l’ordre des actions et à s’approprier la préparation de repas.
  • Créer des rituels familiaux : Proposer aux enfants de choisir LA recette à intégrer chaque mois ou de noter leurs observations à chaque essai, c’est rendre la cuisine plus vivante… et donner envie de participer régulièrement !

Comment démarrer votre carnet sans prise de tête ?


  • Support papier ou numérique : Un cahier à spirale, un classeur à intercalaires, un carnet DIY décoré par les enfants, ou même un document partagé en ligne selon l’âge des membres de la famille… À vous de choisir ce qui conviendra le mieux à votre organisation (et à vos envies/compétences !).
  • Matériel de base : Feutres, crayons de couleur, autocollants, colle, ciseaux, pochettes transparentes pour glisser les recettes « spéciales » découpées, quelques photos ou dessins pour personnaliser. Le tout peut évoluer dans le temps.
  • Commencer simple… mais personnalisé : Pas besoin de remplir vingt pages d’un coup. Il suffit de noter, la première semaine, les recettes familiales incontournables ou une nouvelle réalisation dont les enfants sont fiers.

Quel contenu mettre dans le carnet ?


  • Les recettes « signature familiale » : Quiche de Mamie, la soupe de légumes du mercredi soir, la tarte d’anniversaire ou les sablés du dimanche… Chacune mérite sa page dédiée.
  • Les découvertes au fil des saisons : Dès qu’une nouvelle recette testée est adoptée, elle rejoint le carnet (avec éventuellement des variantes imaginées par les enfants).
  • Recettes faciles, recettes “explorateur” : Mettez en valeur aussi bien les bases ultra-simples (pâte à crêpe, vinaigrette, omelette) que les créations un peu folles ou inspirées des voyages et lectures.
  • Astuces de chacun : Laissez une case pour que chaque membre de la famille ajoute sa touche (ab plus de cannelle », « saupoudrer de graines », « ajouter un mot rigolo pendant la cuisson »…)
  • Souvenirs, anecdotes, dessins et photos : Glissez une place pour les souvenirs associés (« on l’a cuisiné un soir d’orage », « éclats de rire à la vaisselle »), ou les dessins des plus petits pour illustrer les plats.

Une structure type pour chaque recette


  • Le nom de la recette (à décorer ou écrire en grand !)
  • Les auteurs (prénoms de ceux qui ont aidé ou inventé la version maison)
  • La liste des ingrédients (avec possibilité de les dessiner, coller des images, ou de faire cocher l’enfant quand il a rassemblé tout le nécessaire)
  • Les étapes (numérotées, avec place pour les gestes dessinés ou décrits par les enfants — idéal pour les non-lecteurs)
  • Le verdict de la famille (étoiles, petites pastilles « facile/raté/délicieux/à refaire autrement » à colorier après dégustation)

Organiser la contribution des enfants : rendre vraiment acteur


Faire participer les plus jeunes ne se limite pas à recopier des textes. Voici quelques rôles simples adaptés à l’âge :


  • 3-5 ans : Coller des illustrations, colorier les cases « épices/ustensiles », coller l’étiquette de la boîte de pâtes ou le dessin du plat.
  • 6-8 ans : Écrire un mot-clé, recopier la liste des ingrédients, dessiner une étape, choisir l’émoji « j’ai aimé/j’ai pas aimé ».
  • 9 ans et + : Rédiger entièrement une recette, imaginer une variante, interviewer un adulte sur son secret de réussite, imprimer une photo souvenir à coller.
  • Adolescents : Rechercher l’origine d’un plat, inventer une page design, proposer un sommaire ou une mise en page originale, photographier étape par étape et commenter en mode « tutoriel ».

Le temps du partage : rythmes et rituels autour du carnet


  • Le “rituel du dimanche soir” : À la fin du week-end, on pose ensemble la question : “Quelle recette de la semaine mérite-t-elle d’être inscrite ?” Chacun défend sa proposition et on note la préférée… ou les deux si personne ne veut trancher.
  • Le défi “Recette mystère” : Une fois par mois (ou au gré des envies), un membre de la famille propose une recette surprise pour la semaine suivante, à inscrire dans le carnet s’il fait l’unanimité.
  • L’atelier “recopie de grand-parent” : Demander à un papi, une mamie, un cousin de dicter ou d’écrire une recette qui lui est chère, pour l’immortaliser dans le carnet commun.
  • Le carnet comme “invitation” : Quand des amis ou cousins sont invités, proposez aux enfants de leur montrer leurs recettes préférées ou de cuisiner ensemble pour enrichir le carnet.

Nos astuces pour un carnet vivant et pratique


  • Miser sur la flexibilité : Prévoyez de la place après chaque recette pour ajouter de petites annotations (“on a doublé les quantités”, “moins de sucre la prochaine fois”), ou pour coller une nouvelle photo ou variante avec le temps.
  • Garder une page “à tester” : Faites une liste de recettes “en attente” que vous découvrez dans des magazines, chez des amis, ou que les enfants ont vues sur internet. La famille pioche parmi ces idées pour de futurs essais.
  • Privilégier l’autonomie : Placez le carnet à disposition (dans la cuisine, une boîte à portée de mains) et encouragez à l’ouvrir/s’en servir dès qu’on se lance en cuisine.
  • Mettre à jour le sommaire : Si le carnet prend de l’ampleur, ajoutez un sommaire (même rudimentaire) pour faciliter la vie de tous… et éviter les disputes sur “où est la recette des cookies ?”.

Ce qu’il vaut mieux éviter (pour que l’expérience reste joyeuse)


  • Vouloir un carnet parfait : Ratures, fautes d’orthographe ou dessins fantaisistes sont la norme dans un carnet collectif. Cela doit rester un objet vivant, pas un livre “propre” et figé.
  • Imposer toutes les recettes : Chacun doit pouvoir proposer, rappeler, ou même retirer une recette à laquelle il ne tient pas. Le plaisir prime sur la contrainte.
  • Mettre la pression sur la calligraphie ou la déco : Si un enfant préfère juste coller ou dicter, ce n’est pas grave : l’essentiel, c’est de l’associer.
  • Restreindre le plaisir au sucré : Incorporez aussi les “recettes salées du quotidien”, même très simples. Les enfants finissent par les redemander… et en sont fiers.

Quand le carnet de recettes devient un trésor familial


Au fil des mois, ce carnet ne sera plus seulement un outil pour organiser les repas : il deviendra un témoin du temps qui passe. En relisant les premières pages, après quelques années, la famille pourra se remémorer ses goûts de l’époque, ses succès et ses “ratés” rigolos, les coups de cœur ou les petites habitudes. Certains choisiront de le recopier (ou de le transmettre) quand les enfants grandissent — d’autres préféreront le garder à portée pour continuer à enrichir ce geste collectif. Une chose est sûre : c’est une belle façon de rendre concrets le goût, les souvenirs, la convivialité et l’autonomie… tout en mangeant mieux, ensemble et dans la bonne humeur !


Résumé pratique : comment se lancer dès cette semaine ?


  • Réunir la famille autour d’un carnet vierge et du matériel coloré
  • Choisir les premières recettes à inscrire (chacun propose, puis on vote ou on les inscrit toutes)
  • Définir le rythme et les rôles : qui écrit, qui illustre, qui choisit l’astuce ou le souvenir à associer
  • Tester une nouvelle recette et la documenter ensemble à chaud (photos, impressions, “bêtisiers” compris)
  • Installer le carnet dans la cuisine, prêt à resservir… et à évoluer au fil des saisons et des envies !

Créer un carnet de recettes familial, ce n’est pas seulement répertorier des plats : c’est surtout écrire, chaque semaine, une petite part de la mémoire familiale.

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