École, lycée, université : anticiper le coût réel des études
Entre l’inscription à l’université, l’achat de fournitures, le transport, la restauration et parfois le logement, les études d’un enfant représentent un budget conséquent pour les familles. Selon l’Observatoire de la vie étudiante, un étudiant dépense en moyenne entre 8 000 € et 13 000 € par an, en fonction de sa ville et de son niveau d’indépendance. Pour anticiper sans se laisser déborder, il est essentiel de bien comprendre les différents postes de dépense et de connaître toutes les pistes de financement accessibles en 2024.
Quelles aides publiques en 2024 ? La base à connaître
- Les bourses sur critères sociaux : Plus de 750 000 étudiants en bénéficient chaque année. Elles dépendent des revenus du foyer fiscal des parents, du nombre d’enfants, de l’éloignement géographique, et sont versées par le CROUS.
Échelle de 1 (1 454 €) à 7 (6 335 €) pour l’année universitaire 2023–2024. Simulation et demande sur messervices.etudiant.gouv.fr. - L’aide au mérite : Cumulable avec la bourse, pour ceux qui ont obtenu la mention Très Bien au bac et poursuivent un cursus dans le supérieur. Environ 900 € supplémentaires par an sous conditions.
- L’aide spécifique annuelle : Pour les étudiants en rupture familiale ou en situation de précarité avérée. Elle nécessite un dossier particulier auprès du CROUS.
- L’aide à la mobilité : Depuis 2021, une «Bourse Erasmus» existe pour les séjours d’études en Europe, et une prime de 500 € est prévue pour tout étudiant qui change d’académie entre la terminale et le supérieur (en licence, BTS, DUT…).
- L’aide au logement étudiant : Les étudiants peuvent solliciter une aide CAF (APL ou ALS). Le montant varie selon la ville, le logement et les ressources. À estimer sur caf.fr.
- Les aides territoriales : Certaines régions, départements ou communes proposent des coups de pouce (chèques-livre, ordinateurs, abonnements transport).
Prêts, épargne et solutions alternatives : compléter le budget étudiant
L’épargne dédiée, la solution à privilégier pour anticiper ?
- Le livret A et le LDDS : Plafonnés respectivement à 22 950 € et 12 000 €, ils permettent de constituer une épargne petit à petit en toute sécurité. Le rendement est modeste, mais les fonds restent disponibles à tout moment.
- L’assurance-vie : C’est le placement le plus couramment choisi par les familles pour préparer l’avenir des enfants. On peut ouvrir une assurance-vie au nom de l’enfant, la garder 8 ans pour optimiser la fiscalité, et effectuer des retraits pour financer l’université ou une école.
- Livret Jeune : Accessible de 12 à 25 ans, ce livret permet à l’adolescent ou jeune adulte d’apprendre à gérer son argent tout en bénéficiant d’un taux d’intérêt supérieur à celui du Livret A. Plafond 1 600 € seulement.
- Plan Épargne Logement (PEL ou CEL) : S’il a été ouvert tôt, il permet non seulement d’épargner, mais aussi d’obtenir un prêt à taux préférentiel pour aider l’enfant s’il veut devenir étudiant « logé » ailleurs.
- Les versements réguliers : Même de petits montants, placés dès le plus jeune âge, créent un « matelas » utilisable à la majorité, pour les premières dépenses étudiantes (cautions, matériel informatique, etc.).
Le prêt étudiant : utile mais à manier avec précaution
- Le prêt étudiant garanti par l’État : Jusqu’à 20 000 €, sans caution parentale, remboursable après la fin des études. Bon recours si l’accès au crédit est limité.
- Prêts bancaires classiques : Proposés par la plupart des banques, ils nécessitent souvent la caution d’un parent ou d’un tiers, et sont limités à 30 000 €, avec possibilités de remboursement différé (on paie les intérêts seulement pendant les études).
- À garder en tête : Contracter un crédit engage, même différé. Mieux vaut que l’étudiant participe aux discussions pour bien comprendre les implications (intérêts, durée, mensualités à venir).
Bourses privées, apprentissage, alternance : d’autres leviers à explorer
- Les bourses d’écoles ou entreprises : Certaines grandes écoles offrent leurs propres allocations, parfois sur critères de talent ou mérite (dossier, concours, engagement associatif).
- Fondations et associations : Un grand nombre de dispositifs existent, notamment à destination de filières précises (ingénieurs, soignants, arts, etc.) ou de profils spécifiques (femmes dans les sciences, étudiants issus des quartiers populaires…).
- L’alternance (contrat d’apprentissage/professionnalisation) : De plus en plus plébiscitée, cette formule permet d’étudier tout en étant rémunéré (grille de salaire selon âge et niveau). Les frais de scolarité sont souvent pris en charge par l’employeur, et l’étudiant acquiert une première expérience professionnelle tout en gardant son autonomie financière. À envisager sérieusement dans certains secteurs dès post-bac.
- Les petits boulots et jobs étudiants : Indispensables pour nombre de jeunes, ils permettent d’arrondir les fins de mois (baby-sitting, soutien scolaire, livraison, etc.). Vérifiez toutefois l’impact fiscal éventuel selon les revenus déclarés.
Gérer le quotidien : les astuces anti-dépassement
- Faire le point sur toutes les dépenses : Lister le coût de chaque poste (loyer, transport, alimentation, santé, loisirs, assurances…). Certains oublis sont récurrents : mutuelle (obligatoire), dépôt de garantie logement, charges énergétiques.
- Inciter à la participation familiale progressive : Selon l’âge et l’autonomie, impliquer l’enfant à la préparation du budget (suivre ses dépenses sur une appli, comparer les prix, apprendre à prioriser ses envies par rapport aux ressources).
- Mettre à profit les bons plans étudiants : Carte de transport à tarif réduit, offres étudiantes sur les forfaits téléphoniques, abonnements culturels à prix mini, réduction sur le matériel informatique ou librairies partenaires… Un inventaire à constituer ensemble dès la rentrée.
- Apprendre à demander de l’aide : Le CROUS, les assistants sociaux, les référents des établissements d’enseignement sont à la disposition des étudiants qui rencontrent des impasses financières ponctuelles ou durables.
Ce qu’il vaut mieux éviter pour préserver l’équilibre financier
- Suralimenter le crédit à la consommation : Attention aux cartes de crédit faciles et offres de prêts renouvelables, qui exposent au surendettement avec des taux d’intérêt élevés.
- Négliger l’assurance : Qu’il s’agisse du logement étudiant, de la santé ou du matériel (ordinateur portable…), une absence de couverture peut coûter cher en cas d’imprévu.
- Minimiser le coût des “petites dépenses” : Boissons, snacks, sorties, abonnements souscrits sans usage réel… Ces montants, cumulés sur l’année, deviennent vite non négligeables.
- Entretenir le tabou autour de l’argent dans la famille : Oser parler budget, lister les aides (même “petites”), réfléchir ensemble aux arbitrages, c’est aussi préparer l’autonomie future de l’enfant.
En pratique : plan d’action simple pour aborder la question en famille
- Bilan : Faites un état des lieux : Que souhaite l’enfant, dans quelle ville et filière, quels frais réels à prévoir (inscription, loyer, fournitures, transport, vie quotidienne).
- Simulation : Calculez les ressources accessibles : Bourse, APL, aides locales, job étudiant, éventuelle épargne.
- Planifiez un budget annuel réaliste : Prévoyez un “matelas” pour les imprévus. Vérifiez les échéanciers d’aides (certaines sont versées mensuellement, d’autres en une fois).
- Répartissez les efforts : Si possible, répartissez les dépenses entre parents, étudiant et démarches d’aides. Impliquez l’enfant dans la gestion des comptes.
- Anticipez les hausses de coûts possibles : Nouveaux frais, inflation, changement de cursus… Ajustez au fil de l’eau plutôt que de découvrir les difficultés en urgence.
À retenir : chaque famille a sa combinaison gagnante
- Débuter tôt l’épargne, même à petits montants, sécurise la transition vers les études supérieures.
- La palette d’aides publiques en 2024 reste large, mais demande vigilance (calendrier, pièces justificatives, cumul possible…)
- L’alternance, l’apprentissage, ou la bourse privée peuvent apporter une réponse concrète et parfois sur-mesure aux besoins, notamment dans les filières très sélectives ou onéreuses.
- Impliquer l’enfant dans les choix financiers, lui permettre d’expérimenter la gestion d’un petit budget, c’est l’un des meilleurs leviers pour l’autonomie future.
En résumé : anticiper, demander de l’aide, ajuster
Le financement des études d’un enfant n’est jamais un enjeu strictement individuel : il se construit en amont, dans la discussion, le repérage actif des dispositifs, l’accompagnement vers les bonnes démarches. Pas de recette unique, mais une attention concrète à chaque solution utile et aux pièges à éviter. L’enjeu pour la famille ? Accompagner la réussite de ses enfants, sans déséquilibrer ses propres finances—et poser ainsi les bases d’une solide autonomie pour l’avenir.