Bébés

Que faire en cas de régurgitations fréquentes chez le nourrisson

Par Maxime
4 minutes

Quand les biberons remontent : comprendre et gérer les régurgitations du nourrisson


Voir un bébé recracher une partie de son lait après la tétée inquiète souvent les jeunes parents. Pourtant, les régurgitations sont fréquentes durant la première année et, la plupart du temps, sans gravité. Mais comment différencier un reflux banal d’un souci plus sérieux ? Faut-il consulter ? Découvrons ensemble l’essentiel pour garder la tête froide… et le bavoir à portée de main.


Les régurgitations du nourrisson : c’est quoi exactement ?


Quand on parle de régurgitation, il s’agit d’une petite quantité de lait qui remonte spontanément après le repas, parfois accompagnée d’un rot. Ce phénomène, courant jusqu’à 6-8 mois, concerne au moins la moitié des enfants dans leur première année.


  • Leur cause ? L’immaturité du muscle entre l’estomac et l’œsophage (sphincter inférieur), qui laisse passer le lait quand bébé bouge, tousse ou appuie sur son ventre.
  • À ne pas confondre avec : le vomissement (plus violent, jet unique et souvent avec malaise), ou des troubles digestifs plus rares. La régurgitation typique arrive sans douleur et sans effort particulier.

Quand faut-il s’inquiéter ?


Dans la majorité des cas, bébé va bien, grossit, sourit et ne souffre pas. Mais certains signes doivent vous alerter et vous amener à consulter :


  • Perte de poids ou stagnation, difficultés à s’alimenter
  • Régurgitations très abondantes, souvent projetées (vomissements)
  • Sang dans les régurgitations, selles noires
  • Bébé qui pleure beaucoup, semble inconfortable ou s’arqueboute après les repas
  • Toux, essoufflement, enrouement chronique ou otites à répétition

Si ces signes apparaissent, le médecin cherchera d’autres causes (reflux pathologique, allergie au lait de vache…).


Bonnes pratiques pour limiter les régurgitations au quotidien


  • Fractionner les repas : Privilégiez de petites quantités plus fréquentes plutôt qu’un gros biberon.
  • Ne pas forcer bébé à terminer : Respectez son appétit. Mieux vaut un fond de lait laissé que des remontées à répétition.
  • Garder bébé en position verticale 20-30 min après le repas, soit dans les bras, soit dans un transat bien incliné (jamais totalement allongé).
  • Faire un ou deux rots pendant et après le repas, même si bébé ne manifeste pas de gêne digestive.
  • Éviter de trop manipuler ou changer bébé juste après la tétée, pour ne pas comprimer l’estomac.
  • Habiller bébé confortablement, sans élastique ou ceinture serrée au niveau du ventre.
  • Incliner légèrement le matelas de 10 à 15 degrés (briques sous les pieds du lit, coussin spécial mais jamais d’oreiller sous la tête pour éviter tout risque d’étouffement).

Le choix du lait ou du biberon : a-t-on un impact ?


Pour les bébés au biberon, il existe des laits épaissis "anti-régurgitation" (AR) vendus en pharmacie ou en grandes surfaces. Ils contiennent de la farine de caroube ou de l’amidon, ce qui rend le lait plus dense et plus difficile à régurgiter.


  • Quand les introduire ? Si les conseils ci-dessus ne suffisent pas et après avis médical, jamais en automédication.
  • Quels risques ? Certains bébés peuvent avoir des petits maux de ventre, des coliques ou des selles plus molles avec ces formules. On ajuste si besoin en concertation avec le pédiatre.

Allaitement maternel ? Pas de raison d’interrompre : on privilégie les mêmes conseils (petites tétées, position verticale), parfois en adaptant la technique de prise du sein avec l’aide d’une consultante en lactation si les régurgitations sont importantes.


Les fausses bonnes idées à éviter


  • Épaissir le lait avec de la farine sans avis médical : ce geste maison peut déséquilibrer la digestion.
  • Supprimer le lait de vache (chez la maman allaitante ou dans les biberons) sans diagnostic : inutile, sauf si une allergie est officiellement posée.
  • Mettre bébé sur le ventre après les repas pour "aider à digérer" : dangereux du fait du risque de mort subite du nourrisson. Toujours coucher bébé sur le dos.
  • Changer trop souvent de lait ou de biberon : la plupart du temps, cela majore l’inconfort sans diminuer les régurgitations.

Quand un traitement devient-il nécessaire ?


Dans moins de 5% des cas, le médecin peut prescrire un traitement médicamenteux (pansement digestif ou antiacide) si les régurgitations s’accompagnent de fortes douleurs, de stagnation pondérale, ou de signes d’œsophagite (lésion de la paroi de l’œsophage). Ce n’est jamais systématique. Vigilance : on ne donne pas ces traitements sans avis médical.


Vivre avec les régurgitations : conseils pour les parents


  • Habillez bébé (et vous !) avec des tenues de rechange toujours à portée de main.
  • Protégez sièges, matelas à langer et épaules d’un lange ou d’un bavoir.
  • Rassurez-vous : la plupart des enfants voient ce phénomène disparaître avec la diversification alimentaire, vers 6-8 mois.
  • N’hésitez pas à parler à d’autres parents, demander conseils et soutien, notamment via des groupes de parentalité ou auprès des professionnels de santé.
  • Si vous êtes inquiet, consultez, même "pour rien" : mieux vaut poser vos questions que ruminer seul vos doutes.

Synthèse : ce qu’il faut retenir


  1. La régurgitation est un symptôme banal chez le nourrisson, lié à son appareil digestif immature.
  2. Elle est bénigne si bébé grandit bien, n’a pas l’air gêné, et qu’elle reste modérée dans la journée.
  3. On privilégie des astuces pratiques : petits repas, pauses rots, position redressée, environnement calme.
  4. En cas de symptômes alarmants (poids, pleurs, sang, projections…), on consulte sans attendre.
  5. La plupart des bébés passent ce cap sans traitement, et tout rentre dans l’ordre avec le temps.

En pratique : que faire si votre bébé régurgite beaucoup ?


  • Appliquer les conseils quotidiens (fractionnement, rot, position, gestes doux)
  • Observer et noter la fréquence, la quantité, le contexte des régurgitations pour en parler au pédiatre
  • Adopter une attitude rassurante : bébé perçoit l’angoisse parentale… même tout petit
  • Garder confiance : rarement un problème durable, la régurgitation est davantage une étape qu’une maladie

Enfin, n’oubliez pas que vous n’êtes pas seul face aux petits maux du début de vie : entourez-vous de proches, d’autres parents et, en cas de doute, demandez avis à un professionnel. Chacun son rythme, chaque bébé est unique !


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