Ados

Aider un adolescent à développer sa confiance en lui

Par Maxime
5 minutes

L'adolescence : une période clé pour la construction de la confiance


L’adolescence marque une étape majeure sur le chemin de l’autonomie. C’est aussi une période pleine de doutes, de comparaisons et parfois de fragilité. La confiance en soi ne s’improvise pas : elle se construit petit à petit, entre encouragements, expériences, relâchement de la pression et ajustements devant les échecs.
Accompagner un ado vers plus d’assurance, c’est un travail de fond, à la croisée du regard des parents, des pairs et du monde extérieur.
Ce dossier vous propose des pistes concrètes, des pièges à éviter et de vrais leviers pour agir dans la vraie vie familiale, sans recette miracle… mais avec du concret et beaucoup de bienveillance.


Comprendre d'où part votre ado : un regard lucide, sans jugement


  • Tous n’avancent pas au même rythme : Certains adolescents osent tout, d’autres doutent face à la moindre nouveauté. L’essentiel est de repérer les points d’appui et les fragilités propres à chaque jeune, sans comparer brutalement à l’aîné ou au voisin.
  • Les influences sont multiples : Pression scolaire, normes du groupe, réseaux sociaux, attentes de la famille… Chacun pèse sur la perception que l’ado a de lui/elle-même. Décoder ces sources d’influence aide à distinguer ce qui relève de son tempérament et ce qui peut être recentré.
  • Les signaux d’alerte à surveiller : Isolement soudain, peur d’essayer, discours très négatif sur soi, auto-dévalorisation constante… Ces signaux méritent une attention particulière et, parfois, l’appui d’un professionnel (médecin, psychologue scolaire).

Les bases : ce qui aide vraiment à renforcer l’estime de soi


  • Un climat familial encourageant : Valoriser les efforts, fêter de petites réussites (même modestes), reconnaître l’investissement plus que le résultat. Le foyer doit offrir une base rassurante pour que l’ado ose ensuite à l’extérieur.
  • L’accompagnement, pas la directive : Proposer, expliquer, donner des outils, mais laisser l’adolescent aller à son rythme. La confiance se forge aussi dans l’indépendance, avec droit à l’expérimentation et à l’erreur.
  • Dédramatiser l’échec dès que possible : Expliquer que la compétence se construit en s’y reprenant à plusieurs fois. Tirer ensemble les leçons d’une difficulté plutôt que d’en faire un drame.

Instaurer des routines qui nourrissent la confiance au quotidien


  1. Des responsabilités adaptées : Déléguer la préparation d’un repas, la gestion des horaires, l’organisation d’une sortie ou d’un achat important. L’autonomie nourrit une vraie fierté, à condition que la tâche soit à leur portée et valorisée si elle est bien conduite.
  2. Un feedback constructif et apaisé : Lorsqu’une action ne se passe pas comme prévu, privilégier ce qui a avancé, les démarches tentées, puis aborder ensemble ce qui peut être ajusté (« Que pourrais-tu faire différemment la prochaine fois ? »).
  3. Laisser l’espace à l’ado pour évoquer ses ressentis : En évitant les questions trop directes (“Qu’est-ce qui va pas ?”), on favorise des moments informels (trajet, activités mains libres) qui déclenchent plus volontiers la parole.
  4. Encourager les engagements extrascolaires : Sport, musique, engagement associatif, petit job, projet scolaire ou cluster sur internet… Chaque défi hors du cadre familial ou scolaire est une opportunité d’auto-évaluation réaliste, source de progression et de sens.

Encourager l’ado à se fixer ses propres défis


  • Faire le tri entre défis réalisables et objectifs irréalistes : Aider à définir des étapes, réfléchir au temps nécessaire, à l’effort requis, au plaisir attendu.
  • Laisser du temps… et le droit à l’imperfection : L’important n’est pas de réussir du premier coup, mais de persévérer. Les parents, en acceptant eux-mêmes leurs ratés, transmettent ce modèle bénéfique.
  • Féliciter la prise d’initiative, même si le résultat est loin d’être parfait : Participer à un concours, oser demander un stage, publier un dessin ou une vidéo, prendre la parole en classe… Ces « petits grands pas » méritent d’être mis en valeur.

La parole parentale : attention aux messages implicites


  • Éviter les étiquettes négatives : Bannir les « trop sensible », « il/elle n’a pas d’humour », « il est paresseux »… Ces commentaires collent à la peau et freinent toute entreprise.
  • Privilégier la description au jugement : Ex. : « Tu semblais hésitant hier, tu veux en reparler ? » plutôt que « Tu es toujours timide, ça t’empêche d’avancer ».
  • Faire le point sur ses propres peurs de parent : Interroger ce qui, en nous, projette sur l’ado nos propres craintes (« Je ne voudrais pas qu’il/elle rate comme moi, ou subisse les moqueries »). Souvent, cela alimente des conseils anxieux qui étouffent au lieu d’aider.

L’importance des pairs et du regard des autres


  • Reconnaître le pouvoir du groupe : Les ados accordent un poids énorme à leur cercle d’amis, parfois bien supérieur à l’avis parental. Interdire ou juger ce groupe, c’est tendre vers l’incompréhension. Cherchez plutôt à comprendre ce que ce groupe apporte ou retire en termes d’assurance à votre ado.
  • Soutenir l’ouverture à d’autres sphères : Activités en dehors du scolaire, services civiques, groupes mixtes, rencontres à travers le sport ou la culture… Plus le jeune multiplie les espaces, plus il peut y trouver des regards différents, favorables à l’estime de soi.

Ce qu’il vaut mieux éviter pour ne pas bloquer la progression


  • Mettre en avant la compétition familiale : Comparaisons entre frères et sœurs, éloge de l’enfant « modèle » vs celui qui ose moins… Cela mine la confiance, même chez l’aîné « parfait ».
  • Surprotéger au point d’enlever tout risque : L’ado a besoin d’ajuster ses limites dans un cadre sécurisé, mais pas sous cloche. Accepter une prise de risque maîtrisée, c’est aussi accepter qu’il/elle puisse se confronter à un échec récupérable et formatif.
  • Interpréter toute remise en question comme une crise : Remettre en cause l’autorité parentale, le choix d’orientation ou l’esthétique du groupe sont des essais d’affirmation, pas des signaux d’échec éducatif.
  • Laisser place à la honte ou l’humiliation : Devant le groupe, éviter de rappeler une erreur, de médiatiser une difficulté… La perte de confiance s’installe vite si l’ado se sent stigmatisé.

Trucs et routines concrètes à instaurer en famille


  • Mettre en place un rituel de « fierté de la semaine » : Un moment régulier (repas, trajet, sortie) pour que chacun cite une chose dont il/elle est fier, même minime.
  • Faire verbaliser ce qui n’a pas marché sans dramatiser : Prendre cinq minutes pour questionner : « Que retiens-tu de cette expérience ? Que feras-tu autrement la prochaine fois ? ».
  • Ouvrir à la discussion sur les modèles inspirants : Parler de personnes (famille, sportifs, artistes, scientifiques) ayant traversé des difficultés et rebondi, pour élargir la vision du « succès » au-delà de la performance immédiate.
  • Accepter de consulter ou demander de l’aide: Un adolescent qui s’enferme dans un manque de confiance durable doit pouvoir trouver écoute et aide extérieure (médecin, psychologue scolaire, référent associatif ou coach), sans en faire un tabou ou une « punition ».

En résumé : cultiver les réussites, accompagner les erreurs, miser sur le temps long


L’apprentissage de la confiance en soi à l’adolescence est un processus progressif, semé de doutes et d’avancées. Le rôle de la famille est d’offrir une base solide, faite de valorisation, d’écoute, et d’espaces pour tester et échouer en toute sécurité.
Donner à son ado le droit de se tromper, multiplier les occasions de responsabilité, ajuster son propre discours et oser parfois solliciter une aide extérieure face à des difficultés persistantes : voilà de quoi permettre à chaque jeune de prendre sa place... et de commencer, jour après jour, à croire en lui.


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